Un deuxième IRM en Lozère : un investissement privé de 2 millions d’euros pour réduire les délais d’attente

La Lozère dispose désormais d’un deuxième appareil d’imagerie par résonance magnétique (IRM). Inauguré la semaine dernière, l’équipement est installé au cabinet de radiologie de Marvejols et sera mis en service le 17 février prochain. Une avancée majeure pour le territoire, qui ne comptait jusqu’ici qu’un seul IRM, situé à Mende, où les délais d’attente peuvent atteindre jusqu’à quatre mois.
Validé par l’Agence régionale de santé (ARS), ce nouvel équipement a été entièrement financé par le docteur Djamel Rahmani à travers sa société (SELAS), pour un montant total de 2 millions d’euros, incluant l’achat de l’appareil — estimé à 1 million d’euros — et les travaux d’aménagement nécessaires.
Un outil diagnostique essentiel
« L’IRM, en fait, c’est un champ magnétique. Il y a des contraintes : on ne peut pas entrer avec du matériel ferromagnétique », explique le Dr Rahmani. Avant l’examen, le patient est préparé puis installé par un manipulateur radio sur la table d’examen. Des protocoles précis sont ensuite appliqués selon l’indication médicale.
L’IRM permet de détecter un large éventail de pathologies : affections du système nerveux, troubles digestifs, pathologies articulaires, imagerie de la femme ou encore examens pédiatriques. « C’est un outil diagnostique très important », souligne le praticien, fort de 42 ans de carrière.
Contrairement au scanner, l’IRM n’est pas irradiant. « Un scanner expose le patient aux rayonnements, donc on limite son utilisation dans certaines indications. L’IRM, elle, n’est pas irradiant et apporte souvent une meilleure sensibilité diagnostique », précise-t-il. Par exemple, pour certaines lésions du foie, l’IRM peut être privilégiée pour affiner le diagnostic.
Une réponse à une forte demande
Jusqu’à présent, la Lozère ne disposait que d’un seul IRM. Une situation tendue pour un département rural où les besoins ne cessent de croître. « Il n’y en avait qu’un seul, exactement », rappelle le médecin.
Installé en Lozère après dix années passées à l’Assistance publique–Hôpitaux de Paris, le Dr Rahmani exerce seul depuis huit ans après le départ à la retraite de ses deux associés. « Mon objectif, c’était de faire quelque chose pour la population », confie-t-il.
Le cabinet de Marvejols ne répond pas seulement aux besoins lozériens : il attire également des patients de l’Aveyron et du Cantal pour des scanners et des échographies. Avec la mise en service de l’IRM, l’activité devrait encore s’intensifier. Le praticien estime pouvoir accueillir au minimum 30 patients par jour, hors urgences. Une capacité qui devrait contribuer à réduire significativement les délais d’attente sur le territoire.
Un investissement personnel
Le financement du projet repose exclusivement sur un investissement privé. Un engagement financier conséquent qu’il assume pleinement : « Je travaille, j’amortis », résume-t-il simplement.
Au-delà de l’aspect technique et économique, l’arrivée de ce deuxième IRM représente surtout un gain d’égalité d’accès aux soins pour les habitants de la Lozère. Dans un département marqué par l’éloignement géographique et la raréfaction de l’offre médicale, l’équipement de Marvejols constitue un signal fort en faveur du maintien et du développement des services de santé de proximité.
