Salon de l’agriculture 2026 : sans bovins, mais avec conviction, la Lozère maintient le cap

Privé de bovins en raison de la dermatose nodulaire contagieuse, le Salon international de l’agriculture 2026, du 21 février au 1er mars, aura une physionomie inédite. Les vaches Aubrac et brunes, emblématiques des élevages lozériens, ne fouleront pas les allées parisiennes cette année. Malgré ce contexte sanitaire particulier et l’appel au boycott lancé par la Coordination rurale, le conseil départemental de la Lozère a choisi de maintenir sa présence porte de Versailles.
Un choix assumé.
« Le salon de l’agriculture, ce n’est pas une fête. C’est au contraire un moment important dans l’année pour aller valoriser ce qui se fait de mieux sur un territoire et aller à la rencontre des décideurs nationaux », affirme Laurent Suau, président du conseil départemental. « C’était une opportunité qu’il ne faut pas louper. »
Défendre l’agriculture lozérienne
Pour l’exécutif départemental, l’enjeu dépasse la simple vitrine. Il s’agit d’abord de défendre l’agriculture lozérienne dans un contexte national et européen déterminant, notamment autour de la politique agricole commune (PAC) et de la reconnaissance des contraintes spécifiques à l’agriculture de montagne.
« Comment sont traités nos éleveurs d’Aubrac, d’Auvergne ou de caprin ? Comment est prise en compte l’agriculture de moyenne montagne ? » interroge Laurent Suau. « On n’est pas paysan au fond des Cévennes comme on l’est sur l’Aubrac ou la Margeride. Cette diversité, c’est celle que nous voulons promouvoir à Paris. »
La Lozère, département hyper rural où l’agriculture constitue le premier pilier économique, entend aussi profiter du salon pour porter d’autres dossiers : mobilités, vieillissement de la population, handicap ou encore investissements structurants.
Soutien aux éleveurs
Pour Francis Gibert, agriculteur et vice-président du conseil départemental en charge de l’agriculture, l’absence de bovins reste un crève-cœur.
« J’ai une grosse pensée pour les éleveurs qui ont préparé des animaux depuis des années et qui aujourd’hui ne peuvent pas les présenter. C’est un manque à gagner énorme, une promotion en moins pour leurs troupeaux », souligne-t-il.
Mais pour lui, la présence lozérienne est indispensable. « C’est du soutien à nos agriculteurs. Ils y seront, même sans leurs animaux. Il est important qu’on les rencontre, qu’on rencontre aussi les syndicats de race. »
Au-delà des bovins, la Lozère compte bien mettre en avant toute la richesse de sa production : ovins, caprins, miels réputés, volailles, maraîchage, châtaignes et produits transformés. « On fait de la qualité, mais la qualité n’est pas encore assez reconnue. Il faut aussi une revalorisation des prix », insiste Francis Gibert.
Une Lozère plurielle à l’honneur
Installé sur un stand de 70 m² dans le hall 7, au cœur de l’espace Occitanie — avec un emplacement jugé meilleur que l’an passé — le Département accueillera une douzaine de producteurs. Certains seront présents durant les neuf jours, d’autres se relaieront sur un stand tournant.
Point d’orgue : le lundi 23 février, avec une animation sur la place du Collectif des races locales de massif (Coram), hall 1, dans le cadre de l’Année mondiale de l’agropastoralisme.
« On a deux temps forts à 11 h et 17 h, et un focus à 15 h 30 avec l’Entente Unesco », détaille Valérie Rebois-Chemin, conseillère départementale en charge de la communication. « Même sans bovins, il faut montrer qu’on a un savoir-faire, qu’on a des paysans. Si on ne va pas faire voir aux autres qu’on est là, c’est un peu dommage. »
Au programme également : dégustations de viandes et de fromages, petit-déjeuner aux manouls, bières locales, charcuteries, et animation musicale avec l’Étoile marvejolaise.
Car au-delà de l’absence remarquée des vaches Aubrac, le message du Département est clair : la Lozère agricole reste debout, diverse et déterminée à défendre son modèle d’agropastoralisme de montagne.
