À Langogne, un spectacle sensible pour dire la violence et semer l’espoir

La salle polyvalente de Langogne accueillera, mardi 17 février à 20h30, Les Abîmés, un spectacle fort et délicat signé Catherine Verlaguet. Proposé dès 8 ans, ce théâtre de récit, présenté en deux épisodes de 30 minutes, aborde avec pudeur et intensité la question des violences familiales à hauteur d’enfance.
Un diptyque à hauteur d’enfance
Co-accueilli par Scènes Croisées, Les Fadarelles et la municipalité, dans le cadre de Festiv’Allier, le spectacle suit le parcours de deux frères, Ludo et P’tit Lu. Unis par un lien indéfectible, les deux enfants tentent de faire face à une violence qui les dépasse.
Dans Le Bruit et le Silence, les garçons retrouvent leur père après un séjour en foyer. L’espoir d’un retour apaisé s’effrite rapidement lorsque la brutalité refait surface. Tandis que Ludo rêve d’évasion, P’tit Lu se réfugie dans un imaginaire peuplé d’images fragiles, comme ce poussin symbole de douceur et de protection.
De la violence à la reconstruction
Le second volet, Arlequin ou la première graine, ouvre une perspective plus lumineuse. Placé en foyer, P’tit Lu y découvre un espace de reconstruction. À travers l’apprentissage, la création et la rencontre, il commence à se projeter dans l’avenir et à s’autoriser une autre histoire.
Réunies sous le titre Les Abîmés, ces deux pièces composent un diptyque bouleversant. L’écriture alterne dialogues et narration pour traduire la complexité des sentiments enfantins : l’ambivalence affective, la force de la fratrie, mais aussi la difficulté de grandir dans un héritage familial fracturé. Sans sensationnalisme ni naïveté, Catherine Verlaguet aborde un sujet douloureux avec justesse et poésie.
Salé par la critique – Télérama évoque un spectacle « interprété magistralement » – Les Abîmés se veut une œuvre essentielle, qui donne voix aux enfants trop souvent réduits au silence et rappelle que, même dans les terres les plus abîmées, une graine peut toujours germer.
