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Gendarmerie et Banque de France unissent leurs forces contre la cybercriminalité

Une convention inédite a été signée dans les locaux de la Banque de France à Mende. La gendarmerie de Lozère et la Banque de France officialisent un partenariat de trois ans pour mieux protéger particuliers et entreprises face aux arnaques numériques, aux délinquances économiques et aux violences conjugales.

Un partenariat qui prend tout son sens

La Lozère fait partie des premiers départements français à accueillir une telle convention. L’idée : mettre en commun les expertises judiciaires de la gendarmerie et les compétences d’éducation financière de la Banque de France pour proposer des formations adaptées à tous les publics. Car si les deux institutions travaillaient déjà ensemble ponctuellement, il s’agit désormais de formaliser et structurer cette collaboration.

« Cette convention a vraiment pour but qu’on puisse allier toutes nos compétences et tous nos savoir-faires pour lutter contre les cybercriminalités, contre la délinquance en général, contre les violences faites aux femmes », explique la colonelle Marie-Béatrice Tonanny, commandant le groupement de gendarmerie de Lozère.

Du côté de la Banque de France, la démarche s’inscrit dans une mission plus large. « Depuis dix ans, nous sommes l’opérateur d’éducation financière au niveau national. Dans ce cadre, la Banque de France a mis en place toute une série de sensibilisations et de formations autour des arnaques et des fraudes bancaires », rappelle Xavier Aubry, directeur départemental de la Banque de France en Lozère.

La cybercriminalité ne connaît pas de frontières

Si la Lozère reste relativement préservée de la criminalité classique, la menace numérique, elle, ne s’arrête pas aux frontières du département. Escroqueries en ligne, faux coursiers, usurpation d’identité, cyberattaques… Les stratagèmes se multiplient et se perfectionnent, touchant aussi bien les particuliers que les entreprises.

« On peut être complètement, à distance, arnaqué par quelqu’un qui est quelquefois très loin. On n’est pas à l’abri, même en Lozère, même dans un village isolé, n’importe où en France sur le territoire, on peut être touché par ce type d’arnaque », avertit la colonelle Tonanny.

Les chiffres donnent le vertige. « La cybercriminalité aujourd’hui, c’est à peu près 70% des entreprises en France qui sont impactées », souligne Xavier Aubry, qui cite notamment le cas des chefs d’entreprise victimes d’usurpation d’IBAN lors de leurs facturations.

Des gestes simples pour se protéger

Face à ces menaces, la prévention reste la meilleure arme. Changer régulièrement ses mots de passe, vérifier l’adresse mail de son expéditeur, s’interroger sur la légitimité d’un virement ou d’une demande d’information… Des réflexes qui peuvent sembler évidents, mais que l’on néglige trop souvent.

« On pense toujours maîtriser soi-même et on se rend compte que malheureusement, l’opérateur commet quelquefois des erreurs qui peuvent être simplement évitées par quelques vérifications. C’est ça qu’on répète, c’est ça qu’on essaye vraiment de sensibiliser », insiste la colonelle Tonanny.

Violences conjugales : le volet financier trop souvent oublié

Au-delà de la cybercriminalité, la convention aborde un sujet moins attendu : le lien entre violences conjugales et isolement économique. Car pour qu’une victime puisse quitter son foyer, encore faut-il qu’elle dispose de ressources financières.

« Une victime ne peut pas s’en aller si elle ne peut pas disposer de ressources financières. Ça contribue à maintenir la victime sous l’emprise de l’auteur lorsqu’elle n’est pas en capacité de pouvoir partir parce qu’il l’a privée de ses moyens financiers », rappelle fermement la colonelle Tonanny.

La Banque de France a justement fait évoluer ses dispositifs pour répondre à cette réalité. « Cette personne peut venir avec une déclaration auprès de la gendarmerie ou de la police, peut venir au guichet de la Banque de France pour lequel on va lui ouvrir un compte personnel, en plus du compte joint, pour lui permettre d’avoir un compte bancaire », détaille Xavier Aubry, précisant que certains partenaires bancaires mettent également à disposition une somme d’argent pour permettre à la personne de financer sa première nuit d’hôtel ou son premier repas.

Concrètement, la première session de formation organisée dans ce cadre s’est tenue dès le 18 mars, accueillie par l’UDAF, à destination des acteurs du secteur social. D’autres suivront, adaptées aux besoins des publics concernés : particuliers, entreprises, associations… Tous les acteurs économiques et sociaux du territoire sont invités à contacter la gendarmerie ou la Banque de France pour construire ensemble le programme le plus pertinent.

La Lozère est parmi les premiers départements à bénéficier d’un tel partenariat. D’autres pourraient s’en inspirer.

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