GNR : les agriculteurs lozériens alertent sur la flambée du carburant agricole

La Coordination rurale de la Lozère a organisé lundi 23 mars une action symbolique devant la préfecture de Mende pour dénoncer la hausse du prix du gazole non-routier. Les Jeunes Agriculteurs du département partagent la même inquiétude.
Le choix est symbolique autant qu’économique. Lundi 23 mars, devant la préfecture de Mende, la Coordination rurale de la Lozère n’a pas mobilisé de tracteurs. Des chevaux de trait, des tracteurs à pédales et des bidons porteurs de messages ont tenu lieu de cortège. Le syndicat l’assume : en période de crise sur le prix du carburant agricole, on ne brûle pas du gazole non-routier pour manifester contre sa cherté.
Un doublement du prix en quelques semaines
C’est bien la flambée du GNR qui est au cœur de la mobilisation. En janvier dernier, le litre se négociait autour de 70 centimes. Aujourd’hui, il peut dépasser 1,40 euro chez certains fournisseurs. Les Jeunes Agriculteurs de Lozère, qui ont publié un communiqué dans la même semaine, chiffrent la hausse aux mille litres : de 750 euros, le tarif est passé à plus de 1 060 euros en quelques jours, soit près de 90 % d’augmentation dans certains territoires.
Le calendrier rend la situation d’autant plus préoccupante. Le printemps marque le retour des grands travaux agricoles : semis, épandages de fumier et d’engrais, fenaison, moisson. Des opérations qui exigent un recours intensif aux engins agricoles, et donc au GNR. Les stocks constitués en amont par certains exploitants offrent un répit temporaire, mais ils s’épuisent. En Lozère, le relief et le morcellement des parcelles allongent les distances à parcourir et alourdissent mécaniquement la facture carburant par rapport à des exploitations de plaine.
Des charges qui s’accumulent, des revenus qui stagnent
Ce qui inquiète les agriculteurs, c’est l’effet de ciseau. D’un côté, les charges augmentent : le GNR, mais aussi les engrais et les plastiques agricoles, dont les prix suivent la même tendance haussière selon les JA 48. De l’autre, les prix de vente ne suivent pas. Le cours du lait a sensiblement reculé ces derniers mois. Ceux du blé et du colza stagnent ou baissent. Les exploitants rappellent qu’ils n’ont pas la main sur leurs prix de vente, et que la hausse des coûts de transport finira par se répercuter sur l’ensemble des filières, y compris sur le prix des denrées alimentaires pour les consommateurs.
Un plafond à 83 centimes, une réponse attendue
Face à cette situation, la Coordination rurale réclame un plafonnement du GNR à 83 centimes hors taxe. Au-delà de ce seuil, l’État devrait renoncer à tout ou partie de sa fiscalité sur ce carburant, jusqu’au retour à un niveau jugé acceptable. « Quand il atteint ce prix-là, l’État renonce à ses taxes ou les baisse », résume Caroline Pages-Jourdan. Les Jeunes Agriculteurs vont dans le même sens, en demandant également un contrôle des pratiques tarifaires des distributeurs et une meilleure représentation des exploitations lozériennes dans les négociations nationales.
Le syndicat avait espéré élargir la mobilisation au-delà du monde agricole, invitant transporteurs, taxis et ambulanciers à les rejoindre. Seuls les agriculteurs étaient présents lundi. Une délégation a été reçue en fin d’après-midi par le préfet de la Lozère, auquel elle a exposé ses revendications. La Coordination rurale ne ferme pas la porte à de nouvelles actions si aucune réponse satisfaisante n’est apportée. « Il y aura des conséquences financièrement sur les exploitations. C’est obligé », avertit Gilles Estevenon, trésorier du syndicat.
