Plastiques agricoles : 10 000 tonnes recyclées en Lozère en 25 ans

Des plastiques collectés, broyés et extrudés en billes plastiques prêtes à être réutilisées : c’est la recette gagnante de la filière du réemploi des déchets agricoles en Lozère.
Vendredi dernier, sur le site du Causse d’Auge, Copage fêtait les 25 ans de cette collecte.
Un événement important qui célébrait la collaboration entre l’association agricole, l’entreprise de traitement Environnement Massif Central et le gestionnaire national de la filière, Adivalor.
Christophe Grison, agriculteur dans la Somme et président d’Adivalor avait fait le déplacement. Pour lui, ce réemploi permet de redorer l’image de l’agriculteur, parfois ternie par certaines anciennes pratiques polluantes. « Nous sommes désormais loin de l’époque où l’agriculteur brûlait ses déchets seul dans sa ferme : aujourd’hui, 106 000 tonnes sont collectées au niveau national, sur un gisement estimé à 138 000 tonnes. Les bidons et plastiques les plus compacts sont même recyclés à près de 90 %. À titre de comparaison, les taux de recyclage des déchets ménagers restent souvent bien inférieurs. »
Une exemplarité également soulignée par Olivier Dalle : depuis 2001 en Lozère, ce sont plus de 10 000 tonnes de déchets collectés, avec désormais plus de 80 % des plastiques agricoles recyclés mis sur le marché départemental. Un succès pour le président de l’usine Environnement Massif Central, qui souligne l’importance de la branche dans la lutte écologique.
« Produire une tonne de plastique à partir de carbone fossile génère environ deux tonnes de CO₂, contre seulement 300 kilos pour une tonne de plastique recyclé. La prise de conscience liée au réchauffement climatique est aujourd’hui bien réelle. L’agriculture a un rôle clé à jouer : c’est l’un des rares secteurs capables de capter et de stocker le CO₂. La priorité, à l’échelle locale comme nationale et mondiale, est donc de transformer nos déchets en matières premières secondaires. »
En 2025, grâce à cette initiative, 330 tonnes de CO₂ ont été évitées, soit l’équivalent de 215 voitures en moins sur nos routes.
Thomas Emmler
