L’abattoir de Langogne toujours dans l’incertitude

En difficulté financière depuis plusieurs mois, l’avenir de la structure était au cœur d’une réunion organisée mercredi matin à Mende. Autour de la table : le préfet de la Lozère, des représentants du Département, de la Direction générale des finances publiques, des acteurs de la filière ainsi que plusieurs élus locaux.
Si aucune solution immédiate n’a émergé, plusieurs pistes d’aides ont été évoquées. Le directeur intérimaire de la Régie municipale des abattoirs de Langogne (RAML), Guillaume Davous, souligne toutefois une dynamique collective : « C’est une réunion constructive qui va en amener d’autres. On n’a pas trouvé de solution miracle, mais tout le monde est d’accord pour dire qu’il faut travailler à maintenir l’activité, non seulement pour l’abattoir mais plus largement de toute la filière viande sur le territoire. »
Un outil jugé essentiel pour le territoire
Lors de cette réunion, l’importance de l’abattoir a été largement rappelée. Au-delà de la vingtaine de salariés, c’est tout un écosystème local qui dépend de l’activité du site, entre éleveurs, transporteurs et entreprises partenaires. Un véritable vivier d’emplois pour ce secteur de la Lozère, où la question du maintien des services de proximité reste centrale.
Une population inquiète
Sur le terrain, l’inquiétude est bien réelle. À Langogne, plusieurs habitants suivent la situation de près. Certains ont des proches directement concernés, comme cette habitante :
« J’ai un neveu qui est à la maintenance des machines et qui pourrait se retrouver sans emploi. C’est la première chose à laquelle j’ai pensé. Et puis c’est triste pour la région : Langogne n’a plus beaucoup d’emplois. Si l’abattoir ferme, ça pourrait faire baisser l’attractivité de la ville. »
Sortant de la boucherie, Annie redoute aussi les conséquences plus larges, notamment sur les conditions de transport et les prix : « Ça va être encore pire pour les animaux. Et puis le coût, on le ressentira aussi en tant que clients. Au final, tout le monde sera pénalisé. »
Le spectre d’une liquidation judiciaire
Pour l’heure, la régie municipale n’est pas en cessation de paiement. Mais du côté des syndicats, les craintes d’une liquidation judiciaire persistent.
De nouvelles réunions devraient se tenir dans les prochaines semaines pour tenter de dégager des solutions et assurer la pérennité de l’abattoir.
