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La solidarité en Lozère a reçu son ambassadeur national

Pascal Brice, président national de la Fédération des Acteurs de la Solidarité, était en Lozère mercredi dernier. Deux jours de rencontres avec les associations du territoire, sur fond d’inquiétudes budgétaires croissantes.

Un réseau national au contact des territoires ruraux

La visite n’était pas protocolaire. Pascal Brice, accompagné de Michel Bouquet, président régional, s’est rendu à l’invitation des associations lozériennes adhérentes à la Fédération des Acteurs de la Solidarité — un réseau qui regroupe plus de 900 associations et 2 800 structures accompagnant les personnes en situation de précarité partout en France, dans les secteurs de l’hébergement, de l’insertion par l’activité économique, de la veille sociale ou encore de l’accueil des demandeurs d’asile.

Ce type de déplacement, Pascal Brice le fait régulièrement, dans toutes les régions françaises. Mais la Lozère présente une particularité qu’il ne méconnaît pas : « Ce qui m’inquiète, c’est ce décrochage d’un certain nombre de territoires dans le monde rural, avec, de manière très marquée, l’isolement. » Un isolement qui contraint les associations à aller vers les personnes, avec les difficultés de mobilité que cela implique — une réalité bien connue en Lozère.

Une précarité en hausse, des moyens en baisse

Le tableau dressé par le président national est sombre. Près de 10 millions de personnes vivent aujourd’hui sous le seuil de pauvreté en France — un niveau inédit depuis trente ans. Dans le même temps, les financements publics se réduisent. La FAS a rendu publique une enquête alarmante : une association de solidarité sur trois est actuellement menacée de disparition pure et simple. « Qu’est-ce qui se passe lorsque ces associations disparaissent ? C’est un énorme problème pour les personnes, mais aussi pour la tranquillité collective », avertit Pascal Brice.

La Lozère, modèle de coopération

Face aux contraintes budgétaires, Pascal Brice ne se contente pas de dresser un constat : il appelle à ce qu’il nomme des « fronts communs » — des formes de coopération renforcées entre associations, pour mutualiser les moyens qui se raréfient et inventer ensemble de nouvelles façons d’accompagner les personnes. Et sur ce point, la Lozère tire son épingle du jeu. Le président de la FAS salue la culture de travail transversal qu’il y observe, entre acteurs de l’hébergement, de l’insertion, du médico-social ou de l’accueil des réfugiés. « Je salue ça, notamment en Lozère », confie-t-il, citant ce territoire parmi ceux où les traditions de coopération constituent « une vraie force » — un atout précieux à l’heure où le manque de perspectives guette l’ensemble du secteur associatif français.

Deux jours de terrain

Au programme de ces deux journées : rencontres avec les travailleurs sociaux, bénévoles, directeurs d’associations et personnes accompagnées, à Mende et dans le sud du département. Une réunion de travail avec le Conseil départemental — acteur majeur des politiques sociales — était également prévue, ainsi que des échanges avec les services de l’État et les représentants de la Ville de Mende.

Une visite rare, qui aura permis de rendre visible un secteur souvent discret, et de faire remonter au niveau national la réalité des enjeux lozériens.

Ludovic Terol

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