Jean Moulin s’invite à la Médiathèque Lamartine de Mende

Une exposition retraçant le parcours du chef de la Résistance est à découvrir gratuitement jusqu’au 29 mai, fruit d’un partenariat entre la Ville de Mende et l’ONAC.
Quinze ans d’actions de mémoire en Lozère
À l’occasion du 83e anniversaire de la création du Conseil National de la Résistance, la Médiathèque Lamartine de Mende accueille jusqu’au 29 mai une exposition entièrement consacrée à Jean Moulin. Une quinzaine de panneaux retracent la vie de cet homme aux multiples facettes : préfet, artiste, résistant de la première heure, artisan de l’unité de la Résistance française, arrêté, torturé et exécuté par les nazis en 1943. Le projet est né de la longue collaboration entre Samuel Caldier, archiviste à la mairie de Mende, et l’Office National des Anciens Combattants et Victimes de Guerre (ONAC) de Lozère. Depuis près de quinze ans, Samuel Caldier mène des actions de mémoire auprès des scolaires et du grand public. Chaque année, des élèves sont conduits au village-martyr de Pont-de-Montvert avant d’assister sur Mende à la cérémonie du 27 mai, anniversaire de la création du CNR, présidé pour la première fois par Jean Moulin.
Une figure aux multiples visages, une idée reçue mise à mal
Cette année, la panthéonisation prochaine d’un autre grand résistant a renforcé l’évidence du choix : Jean Moulin s’imposait naturellement. « Il symbolise beaucoup de choses », souligne Samuel Caldier. Figure centrale de la Résistance intérieure, proche du général de Gaulle, » il fut celui qui parvint à unifier des mouvements aux sensibilités parfois très différentes, avec pour objectif commun la libération de la France ». L’exposition propose d’explorer toutes les dimensions de cet homme hors du commun : sa vie personnelle, sa carrière de haut fonctionnaire, sa passion pour les arts — souvent méconnue du grand public — et son engagement dans la clandestinité. Elle lève aussi quelques idées reçues, notamment sur sa célèbre photographie à l’écharpe et au chapeau, prise en réalité à Montpellier bien avant la guerre, et non après sa tentative d’automutilation à Chartres. « J’ai voulu montrer qu’il y a des idées reçues qui sont fausses et qu’il faut remettre les choses dans l’ordre chronologique », explique l’archiviste.
Une exposition ouverte à tous, pensée pour les scolaires — et ancrée dans l’histoire locale
Pour Valentin Ferroul, chargé de mission à l’ONAC de Lozère, c’est la première fois que cette exposition sort des locaux de l’office. Un questionnaire pédagogique permet aux plus jeunes de suivre le parcours de Jean Moulin au fil des panneaux, et une médiation peut être assurée sur demande. Des classes de collèges et lycées du département sont attendues. L’exposition s’inscrit dans un contexte mémoriel plus large : en Lozère comme ailleurs, la Résistance fut d’abord l’affaire de quelques hommes qui refusèrent l’ordre établi. Parmi les premiers résistants mendois, des noms comme Jean Lyonnais, Henri Bourillon ou Émile Peytavin. Peu à peu, les réseaux se structurèrent, avec une organisation politique, une armée secrète et le Noyautage des Administrations Publiques (NAP). La répression fut sévère — Henri Bourillon fut arrêté à Mende le 28 février 1944 — avant que la Lozère ne soit libérée le 19 août 1944.
L’entrée est libre, aux horaires de la médiathèque Lamartine. Informations : Archives municipales de Mende – 04 66 49 85 45
Ludovic Terol
