Bataille d’affichages dans les rues de Mende

Ce weekend, les murs de Mende sont devenus le théâtre d’une bataille silencieuse. À l’occasion du 8 mai, deux groupes mendois ont investi l’espace public avec des messages radicalement opposés.
Le collectif « Jeunesse Mendoise » fait la promotion d’un collectif rassemblant nationalistes, néofascistes et néonazis
Ce weekend, les murs de Mende sont devenus le théâtre d’une bataille silencieuse. À l’occasion du 8 mai, deux groupes mendois ont investi l’espace public avec des messages radicalement opposés.
Le collectif de jeunesse identitaire « Jeunesse Mendoise » a mené une campagne de stickers pour promouvoir le Comité du 9-Mai. Ce groupe d’extrême droite, fondé en 1994 après la mort du militant nationaliste Sébastien Deyzieu, rassemble chaque année diverses mouvances nationalistes, néofascistes et néonazies autour d’une commémoration à Paris. Cette année, le Conseil d’État a interdit les deux rassemblements prévus — celui du Comité du 9-Mai comme celui des antifascistes venus en contre-manifestation. La « Jeunesse Mendoise » faisait en tout cas la promotion du collectif jusque dans les rues de la préfecture de Lozère.
Les Colleuses ressuscitent des noms oubliés
Sur le même mode opératoire, les Colleuses ont choisi le même terrain pour un tout autre message. Dans le cadre de la commémoration de l’armistice, elles ont affiché des noms de femmes résistantes au nazisme, toutes liées à la Lozère. Des étrangères — allemandes, polonaises, espagnoles, italiennes, russes — qui ont traversé le département entre 1939 et 1945, dans des réseaux de résistance ou comme prisonnières du camp d’internement de Rieucros, à Mende.
Des femmes de l’ombre, assassinées ou déportées
Parmi elles, Helma Berliner, antifasciste allemande arrêtée à Marvejols et déportée. Lisa Ost et Hedwig Rahmel-Robens, infirmières de maquis cévenols, toutes deux assassinées au puits de Célas. Pépita Rodriguez Sanchez, républicaine espagnole et agente de liaison de la Résistance lozérienne. Ou encore Hanka Grothendieck, anarchiste allemande internée à Rieucros.
Des femmes invisibles dans les livres d’histoire, que les Colleuses ont choisi de ramener sur les murs de la ville, 80 ans après. Face aux stickers de la Jeunesse Mendoise, leur réponse était muette — mais lisible.
Ludovic Terol
