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Hirondelles, martinets, chauves-souris : un guide pour faire de nos maisons un refuge pour la faune sauvage

Le RéeL-CPIE de Lozère et une dizaine de partenaires publient un guide technique pratique pour aider particuliers, artisans et collectivités à accueillir la biodiversité dans le bâti. Une démarche illustrée concrètement par le nouveau bâtiment de l’Office Français de la Biodiversité à Mende, véritable site pilote.

Des espèces menacées par nos rénovations

Hirondelles, martinets noirs, chouettes chevêches, chauves-souris : ces animaux ont en commun de dépendre directement de nos bâtiments pour nicher, se reproduire ou hiverner. On les appelle les espèces inféodées au bâti. « Ce sont des espèces qui utilisent nos bâtiments, nos maisons, mais aussi des grands édifices, les cathédrales, pour nicher ou pour faire une partie de leur cycle », explique Cédric Giral, chef de service de l’OFB en Lozère. Et chaque chantier de rénovation mal anticipé peut détruire des années d’installation. En France, l’avifaune inféodée au bâti a reculé d’un tiers en vingt-cinq ans. C’est pour répondre à ce constat qu’une dizaine de structures lozériennes — LPO, OFB, CAUE, Parc national des Cévennes, associations naturalistes — ont uni leurs compétences pour produire ce guide, coordonné par le RéeL-CPIE de Lozère depuis 2019 dans le cadre d’un programme régional avec l’Union régionale des CPIE d’Occitanie.

Un outil pratico-pratique

Le guide se veut accessible à tous. « On a voulu que cette plaquette soit très pratico-pratique », résume Manon Pierrel, coordinatrice de projet au RéeL-CPIE. « Il y a à la fois des petites astuces assez faciles à mettre en place pour accueillir le vivant autour de chez soi, et on a aussi voulu partager des témoignages, surtout avec les artisans — les charpentiers — un travail collectif sur une discussion entre architectes et artisans pour pouvoir mettre en place ce genre de dispositifs. » Il s’adresse aussi bien au particulier qui rénove sa maison qu’à la collectivité qui réaménage un espace public. On y trouve des conseils concrets : comment intégrer un nichoir dans l’isolant d’une façade, quelles ouvertures préserver sous les débords de toit, comment adapter le calendrier de chantier aux périodes de vulnérabilité des espèces. Des retours d’expériences réels illustrent chaque préconisation, depuis Meyrueis jusqu’aux Salelles. Et pour ceux que la perspective de déjections sur la terrasse pourrait freiner, Cédric Giral tempère : « On peut mettre en place des choses toutes simples, soit pour pousser l’oiseau à aller un peu plus loin, soit mettre une petite planche dessous. Il y a des choses qui existent et qu’on peut mettre en œuvre sans que ça coûte cher. » La destruction d’un nid de martinet ou d’hirondelle est par ailleurs rappelée dans le guide : elle est passible de trois ans d’emprisonnement et de 150 000 euros d’amende.

Un bâtiment pilote sur les hauteurs de Mende

Pour montrer l’exemple, l’OFB a profité de la construction de son nouveau siège lozérien, situé dans une zone artisanale de Mende — un environnement a priori peu favorable — pour en faire un véritable laboratoire vivant. « On était au milieu d’une zone un petit peu industrielle, avec des zones imperméables, il n’y avait pas énormément de biodiversité », reconnaît Cédric Giral. « On voulait créer une espèce d’oasis. » Nichoirs intégrés dans l’isolant, gîtes à chauves-souris dans les combles, accès par les velux pour les oiseaux, tas de pierres pour les micromammifères et les reptiles, création d’une mare : le résultat a dépassé les attentes. « Ça a marché au bout de quelques semaines déjà. Là ça fait un an, et la mare a un aspect naturel qui est vraiment impressionnant. Quand il y a de l’eau, quand il y a un petit peu de nourriture et des nichoirs, forcément ça matche. »

Les abords du bâtiment ont également été repensés par le CAUE de Lozère. Exit les dalles béton et les arbustes ornementaux : l’entrée a été replantée avec des espèces locales adaptées à la sécheresse. « On a souhaité travailler sur un aménagement qui soit davantage aux couleurs locales, avec du calcaire d’Occitanie et du végétal plutôt local, résistant à la sécheresse, mellifère, qui peut apporter des baies pour les oiseaux », détaille Nicolas Vignau, architecte-paysagiste au CAUE 48. Un grand acacia existant a été conservé, les plantations ont été réalisées par les agents de l’OFB eux-mêmes, limitant les coûts. « Aujourd’hui on est dans un espace qui vit, qui accueille déjà de la biodiversité. C’était l’objectif : être valeur d’exemple par rapport aux recommandations qu’on peut faire, autant sur l’accueil de la biodiversité dans le bâti que sur les abords et leur gestion. »

Le guide « Accueillir la biodiversité dans le bâti en Lozère » est disponible auprès du RéeL-CPIE de Lozère et consultable sur: reel48.org.

Ludovic Terol

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