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À Mende, 150 personnes rassemblées pour dénoncer la pédocriminalité après la mort de Lyhanna

Environ 150 personnes se sont réunies lundi soir devant le tribunal de Mende pour rendre hommage à Lyhanna, dont le viol et l’assassinat bouleversent la France depuis plusieurs jours. À l’appel du Collectif Révolte Inceste Lozère, les participants ont également voulu dénoncer les défaillances de la lutte contre les violences sexuelles faites aux enfants.

« L’injustice tue, la justice aussi », « Victimes bafouées, criminels protégés » ou encore « Justice à deux vitesses » : plusieurs pancartes traduisaient la colère et l’émotion des manifestants.

Au-delà de l’hommage rendu à la jeune victime, les participants réclamaient que la lutte contre l’inceste et la pédocriminalité devienne une priorité nationale.

Pour Fanny Bonnefille, membre du Collectif Révolte Inceste Lozère à l’origine du rassemblement, les alertes lancées depuis plusieurs années n’ont pas été suivies d’effets suffisants.

« Y en a marre, il y en a assez là maintenant, il va falloir que ça change ! Il y a des choses qui ont été faites, il y a des commissions qui ont été lancées il y a des années, il y a le rapport de la CIIVISE qui est tombé il y a trois ans, il n’y a aucune de leurs préconisations qui ont été suivies. »

La militante dénonce un manque d’actions concrètes malgré les travaux menés sur le sujet et craint que l’émotion suscitée par ce drame ne retombe rapidement.

Les manifestants ont également insisté sur le caractère systémique des violences sexuelles commises sur les enfants.

« Tout ce qui est pédophilie, inceste, on sait. Il y a des études qui ont été faites, énormément de livres qui sont sortis sur le sujet. On sait que c’est systémique, on sait que c’est partout, dans toutes les strates sociales, quel que soit le niveau de vie, quel que soit le fait que ce soit en milieu rural ou en milieu urbain. »

Institutrice de profession, Fanny Bonnefille rappelle l’ampleur du phénomène :

« C’est un enfant sur dix. Ce qui fait effectivement une moyenne de trois enfants par classe. Moi, je suis institutrice, dans chaque classe où je rentre, je sais qu’il y a des enfants qui ont été abusés ou qui sont encore abusés. »

Le rassemblement s’est achevé par une minute de silence en mémoire de Lyhanna, avant que plusieurs chansons ne soient entonnées par les participants.

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