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« Lucie Résistance » : la Compagnie du Lézard signe un film ancré dans la mémoire lozérienne

La Compagnie du Lézard présente ce soir au Cinéma Le Trianon de Mende la première de « Lucie Résistance », un moyen métrage historique tourné en Lozère avec des comédiens amateurs. Une aventure humaine et collective, portée par un budget de 6 000 euros et une foi inébranlable dans le cinéma de territoire.

Un film né d’une longue aventure collective

Tout part d’un atelier théâtre qui existe depuis une vingtaine d’années. David Garcia, à la tête de la Compagnie du Lézard, a décidé de le transformer en atelier cinéma, fort des expériences accumulées avec le Clos du nid sur deux films précédents. « On s’est dit, pourquoi pas, puisque maintenant on a les compétences de produire nos propres films », explique-t-il. Le résultat : « Lucie Résistance », 52 minutes de fiction historique tournées en deux jours seulement, en janvier et mars derniers, avec une vingtaine de personnes impliquées entre comédiens, équipe technique et bénévoles.

Une héroïne aveugle dans la Lozère de 1943

L’histoire se déroule en 1943, dans une auberge lozérienne fictive. Lucie, aveugle et discrète, cache des enfants juifs et organise leur passage vers les Cévennes, avec l’aide du père Antoine. Mais l’équilibre fragile bascule avec l’arrivée d’une jeune femme revenue de Paris et d’un homme mystérieux, tandis que Bruno, collaborateur zélé et ancien amoureux de Lucie, resserre son emprise. Un récit choral, grave et lumineux, qui rend hommage aux héros invisibles des campagnes françaises. « Pour moi, c’est important, surtout par les temps qui courent », confie David Garcia, qui revendique une fiction engagée, sans prétendre à une reconstitution historique stricte.

Le défi du tournage : deux jours, un café d’époque et des costumes de l’Arentelle

Trouver le bon décor a été l’un des principaux défis du projet. Il fallait un café qui fasse 1943, sans modernité apparente. C’est finalement le Café Vestier, à Saint-Laurent-d’Olt, qui a ouvert ses portes. « Le bar est dans son jus, il est d’époque », se réjouit David Garcia. Une équipe scénographique a ensuite travaillé à faire correspondre chaque cadrage avec l’époque, des bouteilles aux décors. Pour les costumes, c’est la costumothèque de l’Arentelle à Saint-Flour de Mercoire qui a permis à chaque comédien de trouver sa tenue. Un budget global de 6 000 à 7 000 euros, des mois de répétition les lundis au Théâtre Register, et le souci permanent de ne pas tomber dans le piège de la pièce de théâtre filmée — ce qui a nécessité d’aller tourner des scènes en extérieur pour aérer le récit.

Des comédiens amateurs, une authenticité à l’écran

Au générique, on retrouve des fidèles de la Compagnie : Sébastien Bech, Isabelle Privat, Karen Depaule, Korine Galfray, Gilles Voinier dans le rôle du curé, et Christelle Benoit dans le rôle-titre. Certains ont dix ou quinze ans de théâtre derrière eux, d’autres n’avaient jamais joué. « La rencontre entre les comédiens et leur personnage s’est faite avec beaucoup de naturel, et ça transparaît à l’écran », assure le réalisateur.

La première a lieu ce soir au Cinéma Le Trianon de Mende à 20h30, en présence de toute l’équipe, suivie d’un verre partagé. Deux autres projections sont prévues les mardis 23 et 30 juin à 18h30. Le film est également disponible pour des projections en association, médiathèque ou établissement scolaire, avec possibilité d’organiser un débat.

Ludovic Terol

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