Scènes Croisées ouvre sa saison 2026-2027 sous le signe de la rencontre

Samedi 12 septembre, au Domaine de Boissets à Sainte-Énimie, Scènes Croisées lance officiellement sa nouvelle saison culturelle. Une après-midi festive à ciel ouvert, entre cirque, musique, performance culinaire et théâtre, qui donne le ton d’une programmation pensée pour aller à la rencontre des habitants, aux quatre coins de la Lozère.
Une saison pensée comme un trait d’union
Pour Fanny Prud’homme, directrice de Scènes Croisées, l’esprit de cette nouvelle saison ne change pas : il s’agit toujours de faire en sorte « que la création contemporaine aille à la rencontre des habitants et habitantes », aux quatre coins du département. La programmation se veut pluridisciplinaire, mêlant « théâtre, cirque, danse, musique ». Une conviction anime cette démarche : « les artistes vivent dans la même société que nous », rappelle la directrice, pour qui les spectacles deviennent alors des occasions de « faire lien » et de « réfléchir et vivre ensemble des moments au présent ».
Cette volonté de proposer une saison « riche et diverse » répond à un objectif clair : que chacun puisse « s’y retrouver » et « avoir envie de franchir la porte ». Un maillage rendu possible grâce à un large réseau de partenaires locaux — saisons culturelles, foyers ruraux, associations bénévoles — que Fanny Prud’homme juge « extrêmement précieux », car il permet à la structure d’aller « au plus près des habitants », du nord au sud de la Lozère.
Deux grands projets de territoire
La saison sera notamment rythmée par deux projets de territoire, construits avec les habitants et les partenaires locaux.
Cet hiver, La Veillée posera ses valises à Villefort. L’écrivain Fabrice Melquiot y dressera le portrait de neuf habitants, à travers des ateliers d’écriture autour des gratitudes. Le tout donnera lieu, en février, à une restitution musicale avec l’artiste Armand Méliès.
Au printemps, direction la Vallée Longue, dans les Cévennes, pour Sur les chemins. Le collectif Groupe O y travaillera sur le thème des métamorphoses, avec une journée de spectacle et de restitution prévue fin mai. Des projets encore en construction, précise Fanny Prud’homme, car « c’est ça l’intérêt de ces propositions » : les écrire à plusieurs, avec les partenaires, les habitants et les équipes artistiques.
Une ouverture de saison en trois temps
L’ouverture de saison aura lieu ce samedi 12 septembre, dès 15h, au Domaine de Boissets, pour ce que Fanny Prud’homme décrit comme « un après-midi de retrouvailles joyeuses, festives », en trois propositions artistiques.
La saison s’ouvrira avec Newroz, de la compagnie La Meute : un concert-cirque signé Bahoz Temaux, qui allie « le cirque, l’acrobatie aérienne et la musique ». L’artiste y raconte comment il a pu « trouver sa place », lui qui a subi certains préjugés liés à sa double culture.
Suivra une performance culinaire de Sara Harakat, en résidence en septembre au four à pain du Causse Méjean, où elle mène un travail « sur les gestes de fabrication du lait et les paysages qui rendent cela possible ». Une proposition que la directrice voit comme « une belle manière de créer un moment poétique commun ».
L’après-midi se conclura avec Trois contes et quelques, du Groupe Merci, sur un texte d’Emmanuel Adely : une réécriture des contes de Perrault que Fanny Prud’homme qualifie de « cruellement drôle, grinçante ». Deux comédiens y interrogent, à travers Le Petit Chaperon rouge, Barbe Bleue ou Peau d’âne, « la violence », « la domination » et « la place des femmes dans la société ».
Au-delà des spectacles, cette journée se veut aussi « un moment de convivialité, d’hospitalité », propice aux échanges avec l’équipe de Scènes Croisées sur l’ensemble de la programmation à venir.
En marge de cette ouverture, Scènes Croisées ira aussi, tout au long du mois de septembre, à la rencontre du public dans plusieurs lieux de Lozère — Villefort, Ventalon-en-Cévennes, Langogne — pour présenter la nouvelle saison. Des rendez-vous ouverts à tous, gratuits, qui peuvent aussi se décliner sur mesure, à la bibliothèque, au café ou à l’épicerie, sur simple demande auprès de la structure.
Ludovic Terol
[credit photo: Lionel Roux]
