Florac accueille les Rencontres du Pastoralisme, entre héritage millénaire et défis d’avenir

Dans le cadre de l’Année internationale des parcours et des éleveurs pastoraux décrétée par l’ONU, Florac-Trois-Rivières devient, le temps d’un week-end, la capitale du pastoralisme en Causses et Cévennes. Du 25 au 27 septembre, l’Entente Interdépartementale des Causses et des Cévennes et le Parc national des Cévennes proposent trois jours gratuits pensés pour informer autant que pour rassembler : marché de producteurs, tables rondes, spectacles et visites de fermes.
Un patrimoine de 5 000 ans
Le territoire des Causses et des Cévennes a été inscrit en 2011 par l’UNESCO comme paysage culturel de l’agropastoralisme méditerranéen. Un patrimoine que Ségolène Dubois, directrice de l’Entente Interdépartementale des Causses et des Cévennes, rappelle avec précision : « Ce patrimoine et cet héritage qu’on célèbre aujourd’hui est le fruit de 5 000 ans de pratiques pastorales sur ces hautes terres. » Un territoire à cheval sur quatre départements, où le pastoralisme représente 80 % de la surface agricole, avec près de 800 fermes concernées. « On a plus d’ovins, de caprins et de bovins que d’humains sur ce territoire », résume-t-elle.
Pas envie de faire la fête
Organiser une manifestation autour de ces pratiques n’allait pourtant pas de soi. En amont de l’événement, l’Entente a interrogé les éleveuses et éleveurs du territoire, et leur réponse a orienté toute la programmation : « Vu tout ce qui se passe en ce moment — les problématiques de changement climatique, de transmission des fermes, de marché, de prédation — on n’a pas trop le cœur à faire la fête », rapporte Ségolène Dubois. D’où un parti pris assumé : « L’idée, c’est de ne pas être dans un événement passéiste ou folkloriste […] mais de se tourner vers l’avenir et de se poser la question de quels sont les enjeux auxquels ces pratiques sont confrontées aujourd’hui. »
Climat, prédation, transmission
Changement climatique, prédation, transmission des exploitations, revenus agricoles : ces sujets seront au cœur de plusieurs tables rondes et conférences organisées à l’Institut Agro de Florac, samedi. Un climatologue du réseau des Chambres d’agriculture du Massif central y présentera notamment une projection ciblée sur l’avenir du territoire Causses-Cévennes. Sur la question de la prédation en particulier, la directrice de l’Entente insiste sur la nécessité de « créer un espace de discussion et les conditions d’un échange entre le grand public et les professionnels », loin des postures tranchées qu’on entend parfois.
Une ouverture de saison en plein air
Le coup d’envoi de ces Rencontres sera donné vendredi 25 septembre, avec un spectacle qui marque aussi l’ouverture de saison de la Genette Verte, scène culturelle de Florac. Sébastien Kuhn, son programmateur, a choisi cette pièce en lien direct avec la thématique de l’année : « Élevage », par la compagnie jurassienne Les Animaux de la Compagnie. « C’est un spectacle de théâtre musical en plein air […] c’est l’histoire d’une ferme qui a brûlé et qui va parler de la vie agricole, de l’histoire, notamment des ressources agricoles, aussi de la transmission », détaille-t-il. Un spectacle où se mêlent « des animaux musiciens, des animaux acteurs », et qui se termine par un bal traditionnel. « C’est drôle, c’est touchant, c’est très dynamique », résume le programmateur, avant de préciser les modalités : la représentation aura lieu au théâtre de plein air du Parc Arnal, avec un repli à la Genette Verte en cas de pluie.
Le week-end se prolonge en musique
Le lendemain, samedi 26 septembre, la Genette Verte accueillera un concert-bal traditionnel occitan, « Picalopé », porté par le duo aveyronnais Mbraia. De quoi clore en musique cette première journée de festivités, avant les visites d’exploitations agricoles prévues le dimanche matin.
Trois jours durant, entrée libre et gratuite, sauf restauration. Programme complet sur www.causses-et-cevennes.fr.
Ludovic Terol
