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Saison 2026-2027: Le Théâtre de Mende joue la carte des « facettes »

Soirée club, cirque participatif, danse, rap, stand-up, expositions : du 2 octobre au 11 juin, le service culturel de la Ville de Mende propose 55 rendez-vous pour tous les publics. Le week-end d’ouverture, les 2 et 3 octobre, donne le ton.

Le Théâtre de Mende ouvre sa saison 2026-2027 avec deux soirées gratuites et très contrastées : un « club » inédit installé au cœur du théâtre le vendredi, puis un plateau de concerts le samedi. Deux ambiances qui résument bien l’ambition de la programmation : être « le plus large possible », selon Sasha Pairault, responsable artistique et administrative du service culturel.

Cette ligne directrice découle d’une méthode. Chaque année, l’équipe choisit un mot-clé pour guider ses choix, et celui de cette saison est « facette ». « Ensuite, on cherche des spectacles qui rentrent dans cette ligne directrice », explique Sasha Pairault. La sélection reste collective : les spectacles vus par elle ou par Mélanie Sodaymay, chargée de médiation et d’accueil des artistes, sont discutés en équipe avant d’être retenus.

Deuxième saison de la nouvelle équipe, elle prolonge la précédente et s’annonce dense : 26 compagnies, 25 représentations et 30 actions culturelles, répartis entre le Théâtre de Mende (15 rendez-vous), la Maison Consulaire (15), l’Espace des Anges (11) et divers lieux extérieurs (14). Un tiers de ces rendez-vous s’appuient sur des partenaires culturels, associatifs ou institutionnels.

Un week-end d’ouverture entre club et concerts

Tout commence le vendredi 2 octobre, de 22h à 2h, lorsque le collectif LAMOVIDA prend possession du théâtre. Les trois DJ, originaires de Colombie, de Bolivie et du Mexique, s’installent au milieu du public et font danser sur les rythmes latino-américains, dans des espaces de fête pensés comme inclusifs. La soirée est ouverte dès 15 ans.

Le lendemain, place aux concerts. Arkange, artiste originaire du bassin lyonnais, déploie un univers mystérieux entre synthés, chanson française et techno, porté par une voix aux accents lyriques. THÉA prend ensuite le relais, avec un mélange de rap, de rock et d’hyperpop, des rythmes nerveux et des textes crus sur la réalité de sa génération. Se définissant elle-même comme une comète, elle s’impose comme « la new hardrocker à suivre ».

Les deux soirs sont gratuits, sur réservation conseillée, avec un bar tenu par l’association Va Comme J’te Pousse. Autre rendez-vous du samedi, de 15h à 16h30 à l’Espace des Anges : Arkange animera une rencontre sur son parcours d’artiste.

Du cirque à la danse, des coups de cœur pour chaque goût

Passé ce lancement, la programmation s’étend à toutes les disciplines. Parmi les temps forts cités par Sasha Pairault, la compagnie Galapiat Cirque présente Préviens les autres les 14 et 15 novembre au parc de Wunsiedel, à partir de 10 ans. Ce spectacle participatif interroge la façon de faire société et de résister collectivement. Il sera précédé, le 13 novembre à l’Espace des Anges, d’une « conversation paysagère ».

Quelques jours plus tard, le 19 novembre, toujours à l’Espace des Anges, Yasmine Yahiatène, qui a passé une partie de son enfance en Lozère, présente La Fracture. Dans ce seul-en-scène intime consacré à son père, elle mêle vidéo, mapping et dessin en direct.

Le 25 novembre, journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, la chorégraphe Leïla Ka signe Maldonne. Sur scène, cinq danseuses questionnent les codes de la féminité à travers une multitude de robes. Un spectacle jugé très accessible pour qui souhaite découvrir la danse contemporaine.

Côté théâtre, le « coup de cœur » de la saison s’appelle Annette (23 février), de la compagnie belge Canicule. Une femme de 76 ans, qui n’avait jamais fait de théâtre, y retraverse les scènes de sa vie, entourée de deux comédiennes, de deux danseurs et de la metteuse en scène. Suivront notamment Il ne m’est jamais rien arrivé, avec Vincent Dedienne (20 avril), puis le stand-up de l’historienne et youtubeuse Manon Bril (5 mai).

La musique, elle, va du rap de Médine (25 mars) à l’Orchestre National de Montpellier en classique (9 mai), avant une clôture en électro vélo avec JOUBe (11 juin). Les arts visuels ne sont pas en reste : Margaux Fontaine expose ses grandes teintures végétales à la Maison Consulaire du 19 mars au 28 avril, en partenariat avec l’Enfance de l’Art. Certaines pièces seront activées lors du vernissage par des danseurs du collectif LiM.

Création, médiation, jeunesse

Au-delà de la diffusion, le TDM soutient aussi quatre créations en résidence : Petit ruisseau deviendra grand ! (bocage, du 9 au 13 octobre), Je serai Tout et la peur et le courage et la mer et les nuages (cie Elle aime, du 30 novembre au 4 décembre), Bleu Sanguine (Manon Alla, du 18 au 22 janvier) et une performance dansée du collectif LiM (du 16 au 19 mars).

Ce travail avec les artistes se double d’un important volet de médiation, avec 90 heures prévues cette saison. À la résidence Piencourt, deux artistes de théâtre animeront ainsi des ateliers d’écriture autour de la consolation, dont les récits pourront nourrir leur prochain spectacle. Du côté des scolaires, les « parcours jeunesse » entament leur quatrième année : les écoles de la ville bénéficient d’un atelier en classe, d’une représentation gratuite avec rencontre des artistes, puis d’une visite d’exposition ou des coulisses du théâtre. Le dispositif touche 70 % des élèves mendois. Enfin, les sessions DJ sont reconduites pour une deuxième saison.

Tarifs et rénovation

Pour que ces rendez-vous restent accessibles, les places sont à 16 €, 12 € (tarif réduit) ou 8 € (tarif super réduit). Nouveauté cette année, une prévente accorde 2 € de réduction sur tous les spectacles, jusqu’à une heure avant la représentation, en ligne ou à l’Office de tourisme intercommunal. La saison s’appuie par ailleurs sur 33 bénévoles.

Reste une question, celle du bâtiment lui-même. Sa rénovation est l’un des projets phares de la nouvelle municipalité. Le calendrier des travaux n’est pas encore arrêté, mais ils auront lieu « dans les prochaines années », assure Sébastien Durand, adjoint en charge de la culture. Sasha Pairault acquiesce : « Il en a besoin, ce théâtre. »

Ludovic Terol

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