À Mende, le monde associatif alerte sur les menaces qui pèsent sur ses activités

Une cinquantaine de personnes se sont rassemblées vendredi dernier, place Urbain-V, à Mende, pour alerter sur les difficultés du monde associatif. Une mobilisation organisée dans le cadre du mouvement national « Et si nous arrêtions vraiment ? », qui dénonce notamment les risques liés à la baisse des subventions et les critiques visant les associations, en particulier dans les secteurs du social et de la solidarité.
En Lozère, plusieurs structures ont participé à ce rassemblement, parmi lesquelles La Traverse, ALOES et La Boussole. Toutes rappellent le poids économique et social des associations sur le territoire.
« On vient faire un travail que l’État, lui, ne fait pas, à des coûts peut-être plus intéressants pour eux », souligne Corinne Souvion, directrice de La Traverse. Elle rappelle que les associations assurent des missions relevant des politiques publiques, tout en s’appuyant notamment sur l’engagement de bénévoles.
Un poids économique et social majeur en Lozère
Avec 6 080 salariés, selon les chiffres de l’Urssaf et de la MSA, le secteur associatif représente un salarié du privé sur trois en Lozère. À l’échelle nationale, il emploie davantage de personnes que le secteur de la construction.
Un poids économique qui contraste, selon les responsables associatifs, avec certains discours présentant les associations comme de simples bénéficiaires de subventions.
« Il y a beaucoup de discours qui portent préjudice aux associations, parce qu’ils les présentent comme bénéficiaires des subventions, comme s’il y avait la poule aux œufs d’or d’être une association pour avoir des subventions », déplore Pauline Boiral, directrice de La Boussole. Elle rappelle que les financements publics permettent notamment d’assurer des missions de service public.
« Il n’y aurait plus d’accueil pour les personnes sans-abri »
Pour les associations de solidarité, les conséquences d’un arrêt des activités seraient immédiates pour les publics les plus fragiles. « Si demain nous nous arrêtions vraiment, il n’y aurait plus d’accueil pour les personnes sans-abri, il n’y aurait plus de mise à l’aide alimentaire et l’accès à l’hygiène », alerte la professionnelle.
Les associations dénoncent ainsi un modèle fragilisé par les menaces de baisse des financements publics et par les critiques de certains mouvements politiques. En Occitanie, 6 % des associations employeuses envisageraient de mettre la clé sous la porte, selon les chiffres avancés dans le cadre de cette mobilisation.
