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En Lozère, des syndicats s’entraînent à répondre « du tac au faf »

Alors qu’un rassemblement en hommage aux victimes de l’attentat raciste de Trappes est prévu ce samedi à Mende, la CGT, FSU et Solidaires de Lozère ont réuni une cinquantaine de personnes pour un stage intitulé « Féminisme, ruralité et extrême droite » en début du mois. Une formation très concrète, portée par Visa 48, l’antenne départementale d’un collectif intersyndical antifasciste né dans le département en mai dernier.

Répondre « du tac au tac » à la machine à café

Comment réagir quand un collègue tient des propos favorables à l’extrême droite, en réunion, à la machine à café ou à la fin d’un repas ? Voilà la question au cœur de ces deux jours de formation. « Il s’agit de déconstruire tous les argumentaires de l’extrême droite hostiles au féminisme et, au contraire, pro-ruralité, avec des arguments très précis », explique Hervé Fumel, secrétaire départemental de la FSU Lozère. Le stage s’appuie sur une idée simple, résumée par un jeu de mots : le « tac au faf », c’est pouvoir répondre du tac au tac, sur le moment, à ceux qui tiennent ces propos. « Ça va être du très concret », assure-t-il.

Pour les syndicalistes, intervenir sur son lieu de travail relève de leur rôle. Hervé Fumel avance une raison : l’extrême droite serait « le seul mouvement politique en France à avoir fait des syndicats son ennemi », ce qui, selon lui, oblige les représentants syndicaux à la combattre au quotidien.

Un collectif national né en 1996, une antenne lozérienne depuis mai

Visa, pour Vigilance et initiatives syndicales antifascistes, fête cette année ses 30 ans. Cette association intersyndicale regroupe près de 200 structures : la FSU, l’Union syndicale Solidaires, des fédérations et syndicats de la CGT, de la CFDT, de la CNT, ainsi que le Syndicat de la magistrature. Depuis 1996, elle recense et analyse les incursions de l’extrême droite, et plus particulièrement du FN puis du RN, dans le monde du travail. Elle propose des brochures, du matériel (affiches, badges) et des journées de formation aux équipes syndicales. En Lozère, l’antenne Visa 48 s’est créée en mai. Pour ce premier stage, les autres organisations syndicales du département n’ont pas participé.

« Une montée, une banalisation »

Faut-il parler d’urgence ? Hervé Fumel manie le mot avec précaution : « Je ne sais pas s’il y a urgence, mais il y a une montée, une banalisation des idées d’extrême droite. » Pour lui, la Lozère n’est pas épargnée : « Le département n’a jamais été épargné par ces réseaux », rappelle-t-il. Ces réseaux évoluent, estime-t-il, et les réseaux antifascistes doivent évoluer avec eux.

À ses yeux, la réponse passe par l’information. « Les citoyens et les citoyennes sont des gens qui comprennent les choses », affirme-t-il, convaincu qu’en démontant ce qu’il appelle « un fatras de mensonges », on peut éviter des majorités d’extrême droite, locales ou nationales. Il va plus loin : « L’extrême droite au pouvoir, c’est lutter contre tous les travailleurs, du monde agricole, des entreprises privées et de la fonction publique », et voter pour elle reviendrait selon lui à donner sa voix au « grand capital », avec moins de services publics dans un département qui en manque déjà.

Le féminisme au programme

Le choix du thème n’est pas anodin. Pour Hervé Fumel, il suffit de lire les programmes de l’extrême droite, du RN en particulier mais pas seulement, pour mesurer la place réservée aux femmes. Il dit tracer un tableau « à la hache et très caricatural » : pas de place dans le monde du travail, pas d’égalité salariale, un rôle de « bonne mère de famille » restant à la maison. Dans la salle, les femmes forment environ les deux tiers de la cinquantaine de participants.

Des événements ouverts au grand public

Visa 48 ne compte pas s’en tenir aux syndiqués. Des événements destinés au grand public sont annoncés « dans les semaines et mois à venir », pour faire comprendre, selon Hervé Fumel, que « l’extrême droite au pouvoir, c’est la défaite ».

Ludovic Terol

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