À Saint-Chély-d’Apcher, le lycée ouvre ses portes à l’inclusion

L’Unité d’Enseignement Extérieur (UEE) du lycée Théophile Roussel a été officiellement inaugurée à Saint-Chély-d’Apcher. Une étape importante pour le parcours scolaire des jeunes en situation de handicap, désormais accompagnés du primaire au lycée en Lozère.
Un maillon manquant enfin complété
Pour David Raymond, directeur académique des services de l’Éducation nationale en Lozère, cette ouverture marque « l’aboutissement d’un parcours cohérent du premier degré au lycée ».
Après l’ouverture d’unités externalisées à l’école et au collège, le lycée constituait le dernier maillon. « Aujourd’hui, c’est chose faite », souligne-t-il. Ce dispositif s’inscrit pleinement dans la politique d’école inclusive, en permettant à des élèves accueillis en institut médico-éducatif de suivre leur scolarité dans un établissement ordinaire.
Deux jours par semaine pour l’instant, les élèves viennent exclusivement pour le lycée, sans rendez-vous médicaux intercalés. « Ils sont pleinement mobilisés dans leurs apprentissages », insiste-t-il.
Une expérience qui change le regard
Pour les familles, l’enjeu dépasse le cadre scolaire.
Une maman d’un enfant déjà scolarisée en unité externalisée au collège, parle d’« une nouvelle aventure ». Pour elle, l’inclusion est essentielle :
« L’handicap n’est pas une fatalité. C’est la possibilité de faire autrement, de réussir autrement. »
À l’adolescence, période sensible, cette ouverture permet aussi de changer le regard porté sur les jeunes en situation de handicap. « On se pose beaucoup de questions en tant que parents. Voir ce projet aboutir, c’est important pour aujourd’hui et pour demain. »
Un engagement collectif
Le projet est né d’un partenariat entre l’Éducation nationale, l’Institut d’Éducation Motrice de Montrodat et l’association gestionnaire A2LFS. Son directeur, Vincent Bardou, rappelle que l’association a investi près de 40 000 euros : matériel adapté, mobilier spécifique, ordinateurs et véhicule pour assurer les trajets entre Montrodat et Saint-Chély.
L’Agence régionale de santé, représentée par Xavier Marrette, finance quant à elle l’accompagnement médico-social. « L’inclusion scolaire améliore aussi la santé des jeunes. Être heureux à l’école, c’est aussi bon pour leur bien-être psychique. »
Un lycée transformé
Pour Hélène Lasternas, proviseure du lycée Théophile Roussel, le projet a rapidement suscité l’adhésion. Restait à adapter les locaux : élargissement des portes, accès extérieur pour les véhicules aménagés, installation d’une rampe, aménagement de la salle.
Aujourd’hui, les élèves de l’UEE ont accès à l’ensemble de l’établissement : CDI, demi-pension, cour, préau.
« Il faut oser. Une fois qu’on ose, on découvre un enrichissement mutuel », résume-t-elle.
La parole aux jeunes
Les premiers concernés évoquent surtout la liberté et les rencontres. « Venir au lycée, ça nous permet de sortir de notre environnement habituel, d’apprendre, de partager des moments de joie avec les autres », explique l’une des élèves. Un autre ajoute : « Je ne veux pas qu’on me considère comme un handicapé. Je suis un enfant normal. »
Des paroles simples, mais qui illustrent pleinement le sens de cette nouvelle unité : faire société ensemble.
