48 FM - InfosSujets

« Gévaudan 26 » : la 13e DBLE en manœuvre grandeur nature entre Larzac et Lozère

[ photo préfecture Lozère prise lors de l’exercice à l’IFSI de Mende]

Du 9 au 19 février 2026, la 13e demi-brigade de Légion étrangère a mèné l’exercice « Gévaudan 26 » entre le camp du Larzac et la Lozère. Un déploiement d’ampleur, mobilisant près de 1 000 militaires, une centaine de véhicules et une trentaine de drones, au plus près des conditions réelles d’engagement.

Implantée à La Cavalerie, dans l’Aveyron, la 13e DBLE a engagé plus de 700 légionnaires, renforcés par des unités partenaires européennes. Une quarantaine de véhicules blindés et tactiques à roues, une centaine de véhicules légers et camions de transport, ainsi que deux hélicoptères complètent le dispositif.

Deux phases pour monter en puissance

La première semaine (9 au 14 février), au quartier Monclar, sur le camp du Larzac, a été consacrée à la montée en puissance du régiment et à une phase d’instruction commune, notamment centrée sur le tir. La seconde phase (15 au 19 février) a marqué le déploiement du groupement tactique interarmes (GTIA) en terrain libre, principalement en Lozère. Du 15 au 17 février, des entraînements au combat urbain se sont déroulés au nord et au centre du département, de jour comme de nuit, puis les 17 et 18 février à Mende.

La population a pu observer des manœuvres de petits groupes à pied ou motorisés, ainsi que le survol de drones. Des tirs à blanc ont été effectués dans des zones préalablement définies avec les municipalités.

« Rajouter de la friction et de l’incertitude »

Pour le colonel Benjamin Brunet, commandant la 13e DBLE, l’entraînement en terrain libre est indispensable : « D’avoir un entraînement en terrain libre, ça rajoute de la friction, de l’incertitude, sur un terrain qu’on connaît moins, avec des aléas climatiques importants, avec la population qui peut aussi rentrer en ligne de compte. »

Cette année, la particularité résidait dans la liberté laissée à la force adverse. « L’ennemi n’était pas dirigé », précise le colonel. Autrement dit, les militaires jouant le rôle adverse disposaient d’une autonomie complète dans la conduite de leurs actions, renforçant le réalisme du scénario. Le régiment conduit deux exercices majeurs par an : un exercice hivernal en Lozère, dans un environnement boisé et vallonné situé entre 1 000 et 1 300 mètres d’altitude, et un autre en période estivale, sous des températures élevées. Objectif : éprouver l’aguerrissement des légionnaires dans des milieux radicalement différents.

Combat urbain et coordination avec les autorités

Le scénario prévoyait notamment la « prise » de Mende au terme d’une manœuvre débutée au nord de la ville. Dans la continuité, un exercice spécifique s’est déroulé à l’ancien hôpital de la ville, simulant une prise d’otages.

Dans ce cadre, l’armée n’intervient pas directement : son rôle consiste à sécuriser un périmètre extérieur afin de permettre aux forces de sécurité intérieure d’agir. L’exercice a ainsi permis une coordination étroite avec la préfecture, le centre opérationnel départemental, la police, le SDIS et le SMUR, dans un continuum sécurité-défense.

Drones et innovation

L’exercice a mobilisé une trentaine de drones. La 13e DBLE dispose désormais d’une section dédiée, composée d’une trentaine de cadres et légionnaires formés au télépilotage, capables de mettre en œuvre des drones d’observation, d’attaque et des drones filaires, dits « imbrouillables ».

Une illustration concrète de l’adaptation aux formes contemporaines du combat.

Naturalisation et rencontre avec la population

L’exercice s’est conclu par deux temps forts : une cérémonie de remise de décrets de naturalisation à la préfecture de Mende, concernant une dizaine de légionnaires particulièrement méritants, et une présentation de matériels ouverte au public, sur le parking de la Halle Saint-Jean, le 19 février après-midi.

Une manière, pour la Légion étrangère, de renforcer le lien armée-nation au cœur du territoire lozérien.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.