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Loups : des quotas relevés à 21 %, mais la colère des éleveurs reste vive

Les Jeunes Agriculteurs de Lozère dénoncent une mesure « insuffisante » et un désengagement de l’État

Un arrêté publié au Journal officiel la semaine dernière porte à 21 % le nombre maximal de loups pouvant être abattus en France, contre 19 % auparavant. D’autres règles ont également été assouplies : dans certaines zones particulièrement exposées, les éleveurs n’ont plus besoin d’autorisation préalable pour un tir de défense. Une simple déclaration au préfet suffit désormais.

Des évolutions jugées largement insuffisantes par les Jeunes Agriculteurs de Lozère.

« C’est clairement pas assez »

Pour Hervé Boudon, président des JA 48, ces 2 % supplémentaires relèvent davantage de la communication que d’un réel changement.

« C’est clairement pas assez », estime-t-il. Les agriculteurs demandaient la suppression des quotas, notamment après le déclassement du loup au 1er janvier 2026, passé d’espèce « strictement protégée » à « protégée ».

Selon lui, cette évolution aurait dû permettre d’agir plus fortement sur la population. « On ne se sert pas de ce déclassement », regrette-t-il, dénonçant un manque de courage politique.

Un transfert de responsabilité

Autre mesure : l’assouplissement des tirs de défense. Dans certaines zones, une déclaration préalable remplace l’autorisation administrative.

Pour Hervé Boudon, il s’agit d’un désengagement de l’État. « Jusqu’à présent, c’était l’État qui délivrait les tirs et qui était attaqué en justice. Désormais, ce seront les éleveurs », souligne-t-il, craignant une multiplication des recours d’associations environnementales.

Un printemps sous tension

À l’approche de la mise à l’herbe, l’inquiétude est palpable. Les Jeunes Agriculteurs estiment qu’une dizaine de meutes seraient présentes en Lozère, notamment dans le sud du département, la Margeride et sur l’Aubrac.

« On sait que ça va cartonner », prévient Hervé Boudon. Depuis la reconnaissance de la première meute en 2022, la présence du loup s’est installée durablement, selon les éleveurs.

Si le gouvernement présente ces mesures comme un assouplissement du cadre, sur le terrain, la tension reste forte à l’approche du printemps.

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