RN88 entre le Romardiès et Barjac : le débat est ouvert

Entre partisans du désenclavement et défenseurs de l’environnement, le projet d’aménagement de la RN88 entre le Romardiès et Barjac divise. Une concertation publique va s’ouvrir dans les prochains mois.
Un projet officiel aux objectifs affichés
Ce n’est plus une rumeur. La Commission nationale du débat public a officiellement désigné Sophie Giraud comme garante de la concertation préalable CNDP relative au projet d’aménagement de la RN88 entre l’A75 et Barjac. Quatre scénarios sont actuellement à l’étude, pour un coût estimé entre 110 et 425 millions d’euros selon les options retenues.
Les objectifs mis en avant par le maître d’ouvrage sont clairs : désenclaver Mende, améliorer les conditions de circulation des usagers et limiter les nuisances pour les riverains de la route nationale. Des arguments qui trouvent un écho certain dans un département parmi les moins densément peuplés et les moins bien desservis de France.
Trois familles de solutions
Parmi les quatre scénarios envisagés, on distingue deux grandes approches. La première consiste à améliorer la route existante : suppression de passages à niveau, aménagement de carrefours, création de créneaux de dépassement. La seconde famille prévoit des tracés entièrement nouveaux, à deux voire trois voies, traversant les milieux naturels du territoire lozérien.
C’est précisément sur ces dernières options que le débat s’annonce le plus vif.
L’association « Non à la deuxième autoroute » sonne l’alarme
Fondée en 1993, l’association « Non à la deuxième autoroute » — qui envisage de changer de nom — s’est réveillée dès l’annonce du projet. Pour elle, ouvrir de nouveaux tracés routiers en 2026 revient à ignorer les alertes climatiques répétées depuis trente ans, à menacer la biodiversité des vallées du Lot et de la Jordane, et à contredire les engagements de la France en matière de stratégie bas-carbone et de préservation des espaces naturels et agricoles.
La CNDP a confié à sa garante une mission d’équilibre : s’assurer que tous les points de vue s’expriment, y compris celui de ne rien faire — ce que les experts appellent « l’option zéro ». Le débat devra également replacer ce tronçon dans le contexte global de l’axe RN88, dont certaines portions ont déjà été aménagées et d’autres sont encore en cours d’étude.
La concertation publique devrait s’ouvrir avant ou après l’été.
Réunion publique le 24 avril à Palhers
En attendant, l’association « Non à la deuxième autoroute » invite la population à s’informer et à débattre dès maintenant. Une réunion publique est organisée le jeudi 24 avril 2026 à 20 heures, salle des fêtes de Palhers, suivie de l’assemblée générale de l’association. C’est ouvert à tous.
Ludovic Terol
