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À Mende, des livres pour éclairer les droits LGBTQIA+

Le CDAD de Lozère organise ce mardi 5 mai une « justice littéraire » à la Livreraie, dans la continuité d’un colloque sur les droits des personnes LGBTQIA+. Un rendez-vous ouvert à toutes et tous, à quelques jours du 17 mai.

Des livres comme point de départ

À 18h30, la librairie La Livreraie de Mende se transformera en espace de débat. Le Conseil départemental d’accès aux droits (CDAD) de Lozère y propose une soirée « justice littéraire » autour d’œuvres emblématiques : les Chroniques de San Francisco d’Armistead Maupin, Stone Butch Blues de Leslie Feinberg, et des textes qui retracent les évolutions législatives entourant les droits des personnes LGBTQIA+. L’événement s’inscrit dans la continuité d’un colloque organisé il y a un mois, et à l’approche du 17 mai, journée internationale contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie.

Un territoire qui se saisit du sujet

Thomas Cruz, intervenant juridique et éducatif au CDAD de Lozère, est à l’initiative de cette journée. Depuis plusieurs années, il reçoit de nombreuses sollicitations de professionnels — milieu hospitalier, éducation nationale, secteur médico-social — sur des questions liées aux droits des personnes LGBTQIA+ : terminologie, accueil, changement de prénom, parentalité. Pour lui, le constat est simple : « c’est une thématique qui touche forcément tous les milieux, puisque les personnes LGBTQIA+ sont partout — dans la vie de tous les jours. »

Le colloque à Mende s’est concentré sur le droit civil et les questions de parentalité. Une avocate spécialisée, Maître Lucaux, est venue exposer le cadre juridique. Ses chiffres ont frappé les esprits : seulement 4 % des victimes de LGBTphobie portent plainte. En Lozère, 15 plaintes ont été déposées en gendarmerie et 5 auprès des services de police en 2025 — des chiffres très en deçà de la réalité, dans ce qui est le plus petit parquet de France.

Des droits encore inégaux selon les situations

Thomas Cruz insiste sur la diversité des situations que recouvre le sigle LGBTQIA+ : les droits en matière de parentalité ne sont pas les mêmes selon que l’on est un couple lesbien, un couple gay ou une personne trans. « Selon qui on est, notre vécu, notre orientation sexuelle ou notre identité de genre, ça change pas mal la manière dont on peut devenir parent aujourd’hui en France », explique-t-il. Des questions concrètes, que la fiction sait parfois mieux poser que les textes de loi — et c’est précisément l’enjeu de la soirée de ce soir.

La « justice littéraire » prolonge ainsi le colloque dans un esprit délibérément ouvert et populaire : pas de tribune d’experts, mais un cercle de lecteurs et lectrices prêts à échanger. Parce que derrière chaque roman, c’est une réalité vécue qui cherche à être reconnue.

Ludovic Terol

(propos de Thomas Cruz recueillis par Raphaëlle Pluskwa – Radio Bartas-)

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