Lozère Trail : vingt-quatre ans de passion pour les Salta Bartas

Les 23 et 24 mai, Chanac et Sainte-Énimie accueillent la 24e édition du Lozère Trail. Manche de Coupe du Monde de Skyrunning, 2 100 coureurs venus de 27 pays, et pourtant : une course qui refuse de grandir trop vite.
Un trail né entre copains qui reste à taille humaine, par conviction
Tout commence en 2003. Une poignée de passionnés de l’association des Salta Bartas décide de faire découvrir leur territoire en créant une course. Quatre-vingts coureurs au départ, un 18 km et un 32 km. Vingt-quatre ans plus tard, le Lozère Trail réunit 2 100 participants venus de 90 départements et de 27 pays. L’épreuve est complète depuis novembre — et elle pourrait accueillir deux fois plus de monde. Mais ce n’est pas le choix fait par les organisateurs.
Philippe Michel, président des Salta Bartas, est catégorique : le Lozère Trail ne cherche pas la croissance à tout prix. « On pourrait avoir 4 000 coureurs parce qu’on est complet très rapidement. Mais nous sommes une association, il n’y a que des bénévoles. On professionnalise notre organisation tout en restant à taille humaine. J’aime bien discuter avec les coureurs, j’aime bien les voir. Quand je les vois au départ avec le sourire parce qu’ils sont heureux, c’est gagné. Et pendant l’année, quand j’ai un moment de blues, je vais penser à ces visages, à ces regards et à ces sourires qui vont me faire repartir. »
Cent quatre-vingts bénévoles sont mobilisés sur le week-end, pour faire vivre le Lozère Trail.
Des parcours pour tous les profils et un territoire à découvrir en courant
Le programme couvre toutes les distances : 12 km, 25 km, 52 km, et un Ultra en deux étapes de 56 et 54 kilomètres avec bivouac en pleine nature à Sainte-Énimie. La Skyrace, manche du circuit international Skyrunning World Series, affiche quant à elle 25 km et 1 900 mètres de dénivelé positif autour de Sainte-Énimie. Un format engagé, technique, pour coureurs aguerris. La moyenne d’âge des participants : 43 ans, avec un profil majoritairement CSP+, souvent en vacances dans la région.
La spécificité du Lozère Trail tient aussi à sa géographie. En 50 kilomètres, les coureurs traversent plusieurs zones radicalement différentes : les causses calcaires, la vallée du Lot, les gorges du Tarn. « En 50 km, on découvre beaucoup de choses. Quand vous êtes dans les Gorges du Tarn, ce n’est pas du tout la vallée du Lot », souligne Philippe Michel. Résultat : selon une étude réalisée en 2018, 75 % des coureurs revenaient en vacances en famille dans les deux ans suivant leur participation.
Où se placer pour voir la course ?
Pour les spectateurs, le domaine de Boisset est le spot incontournable du week-end. C’est là que la Skyrace offre samedi matin son plus beau spectacle. Les coureurs partent de Sainte-Énimie à 10 heures et remontent très rapidement vers les hauteurs. On peut les attendre au sommet de la première montée, au-dessus de Boisset, ou se poster dans la descente. Et c’est là que le spectacle est saisissant : des coureurs qui avalent un terrain minéral et technique à une vitesse stupéfiante. Philippe Michel lui-même confie y être passé l’an dernier, « dix minutes, pour voir », et en être ressorti ébloui.
Un vivier pour la jeunesse lozérienne
Derrière l’événement, il y a un club de 80 licenciés et une école de trail. Les bénéfices dégagés par la course financent directement les déplacements des jeunes aux championnats nationaux. Cette année, le club a passé une convention avec le Centre Omnisport Lozère pour prolonger cet élan. « J’en ai marre de voir des jeunes sur le téléphone. Si on pouvait les sortir, ne serait-ce qu’une fois, deux fois, trois fois par semaine, aller courir — c’est merveilleux. »
Rendez-vous les 23 et 24 mai à Chanac et Sainte-Énimie.
Ludovic Terol
|crédit photo: les Salta Bartas]
