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La compagnie Babel interroge la paternité en trois dates lozériennes

Deux comédiens, une trentaine de rôles, des dizaines de témoignages recueillis pendant un an. Avec Pères*, la compagnie Babel signe un spectacle sur la paternité d’aujourd’hui, drôle, sensible et profondément actuel. Trois dates en Lozère les 20, 21 et 22 mai.*

Une enquête née d’une absence

Tout commence par une commande du Théâtre de la Poudrerie, à Sevran, qui ne joue que chez les gens. Le sujet : la famille. La compagnie Babel part donc à la rencontre de familles à Sevran et Malakoff, mène des entretiens pendant un an. Mais au bout de dix rencontres, un constat s’impose : parmi les personnes interrogées, il n’y a que des femmes. Aucun homme. Ce n’était pas un choix. C’était un signe. Thomas Pondevie, metteur en scène, explique : « C’est à ce moment-là qu’on s’est dit que pour parler de la famille, il serait intéressant d’aller fouiller du côté des pères, d’aller entendre, écouter des pères et d’aller questionner la place de la figure paternelle dans les familles d’aujourd’hui. »

Une cartographie des familles d’aujourd’hui

Sur scène, deux comédiens endossent tour à tour une trentaine de rôles : père présent ou absent, tendre ou autoritaire, mère célibataire, couple de deux hommes, grand-parent. Ils traversent plusieurs générations, dessinent, écrivent, déplacent des images sur un grand tableau blanc. Entre humour, poésie et réflexion politique, le spectacle compose peu à peu une histoire vivante de la paternité. Car la famille au singulier, selon Thomas Pondevie, est une illusion : « Il suffit de regarder un tout petit peu autour de soi pour se rendre compte qu’en fait, la famille, c’est au pluriel. C’est des modèles de famille. »

Du théâtre taillé dans le réel

La compagnie Babel, basée en Seine-Saint-Denis, construit depuis quinze ans des spectacles à partir de grandes enquêtes sur des sujets de société : la fin de vie, la violence sociale, la ruralité. Pour Pères, les deux comédiens ont eux-mêmes été soumis à la question. Leur histoire personnelle s’est mélangée aux autres récits. Le résultat n’est pas un documentaire, ni une étude sociologique. C’est autre chose : « Une rêverie pour que chaque personne qui voit le spectacle refasse le chemin de sa propre histoire, rit, pleure, repense à là d’où il vient et là où il veut aller avec les siens. »

La presse ne s’y est pas trompée. Télérama l’a distingué parmi ses coups de cœur du OFF. Causette salue la justesse totale de ses deux comédiens. Mediapart y voit l’émergence de ce qu’il appelle l’homme du futur.

Après le spectacle, la conversation continue

Fidèle à l’esprit de la compagnie, chaque représentation est suivie d’un échange avec les artistes. Car le spectacle, selon Thomas Pondevie, ne s’arrête pas au bord de la scène : « Les gens ont toujours beaucoup de choses à dire, se sont rappelés des choses de leur enfance, de leur histoire, et ça se continue souvent joyeusement autour d’un repas, d’un verre, d’un apéro. »

* Pères est à voir au Massegros le mercredi 20 mai à 19h, à Villefort le jeudi 21 mai à 20h, et à Blajoux le vendredi 22 mai à 20h. Tarifs : 12 euros plein tarif, 10 euros tarif réduit. Dès 13 ans. Durée : une heure. Infos et billetterie sur scenescroisees.fr ou au 04 66 65 75 75.

Ludovic Terol

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