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Bilan de la rave party de Saint-Privat-du-Fau : plusieurs interpellations, une arme et des kilos de stupéfiants

Lozère — Les 14 et 15 mai derniers, une rave party organisée dans le secteur de Saint-Privat-du-Fau a mobilisé plus de 280 gendarmes. L’opération s’est soldée par plusieurs mises en cause pour trafic de stupéfiants, la saisie d’un pistolet semi-automatique et plus de 600 procès-verbaux.

Une opération anticipée dès l’annonce de l’événement

Avant même que les premiers soundsystems ne s’installent, le parquet de Mende avait pris des réquisitions permettant des contrôles d’identité et des fouilles de véhicules dans la zone concernée. Une anticipation rendue possible par un travail de renseignement et de cartographie mené depuis plusieurs mois en lien avec les élus locaux, le monde agricole et la gendarmerie.

C’est dans ce cadre que les premiers contrôles ont rapidement révélé l’ampleur des trafics gravitant autour de l’événement. « Une rave party attire un certain nombre de réseaux criminels pour alimenter les participants », rappelle le procureur de la République de Mende, Valéry Morron. « Dès le premier contrôle, nous avons eu un individu avec une centaine de grammes de kétamine. »

Trois kilos de kétamine, une arme, 999 paquets de cigarettes

L’interpellation la plus marquante a eu lieu le 15 mai. Un homme de 26 ans, originaire d’Aix-en-Provence, a été contrôlé avec un stock de produits stupéfiants d’une envergure rare : 3,288 kg de kétamine, 235 grammes de cocaïne, 421 grammes d’ecstasy, près de 850 grammes de cannabis, 90 doses de MDMA, 537 grammes de 3MMC, du LSD et de l’opium. Les gendarmes ont également retrouvé dans son véhicule 999 paquets de cigarettes contrefaites et un pistolet semi-automatique Bersa calibre 9 mm, accompagné de deux chargeurs et de 17 cartouches.

« Vu le conditionnement des produits, ça ne sortait pas d’une ferme artisanale du sud du département », observe le procureur, qui a traité le dossier en comparution immédiate. Le suspect a été placé en détention provisoire. Résultat, trois ans de prison dont la moitié ferme.

Un deuxième individu, un homme de 31 ans originaire de la région lyonnaise, a également été mis en cause avec 700 buvards de LSD, de la méthamphétamine, de la cocaïne, de la kétamine et de l’amphétamine. Lui aussi a été écroué.

Un troisième suspect, un jeune homme de 20 ans contrôlé avec plus de 100 grammes de kétamine, a déjà été jugé : il a été condamné à six mois de prison avec sursis probatoire sur deux ans et à une interdiction de séjour en Lozère pendant trois ans. Deux autres participants, âgés de 21 et 24 ans, interpellés avec de la cocaïne, de l’ecstasy, de la MDMA, du GHB et de la kétamine, seront jugés en juin dans le cadre d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité.

Un dispositif de grande ampleur, 600 procès-verbaux dressés

Les organisateurs tablaient sur entre 7 000 et 10 000 participants, avec sept murs de son prévus sur le site. Le déploiement de la gendarmerie — 280 militaires, des renforts de départements limitrophes et trois unités de forces mobiles — a permis de contenir la présence à environ 1 500 personnes.

« Pendant que nous sommes mobilisés sur ce type d’événement, ce sont des missions par ailleurs qui peuvent prendre du retard », souligne la colonelle Marie-Béatrice Tonanny, commandante du groupement de gendarmerie de Lozère, rappelant que les effectifs départementaux restent contraints. L’intégralité du matériel du sound system — caissons, platines, tables de mixage et générateurs — a été saisie. Huit infractions pour conduite sous l’emprise de stupéfiants ont également été relevées aux abords du site, en plus des 600 procès-verbaux électroniques pour non-respect de l’arrêté préfectoral.

La Lozère en état de vigilance permanent depuis le printemps

Depuis le début de la belle saison, le préfet de la Lozère, Gilles Quénéhervé, prend un arrêté chaque week-end en fonction des renseignements remontés par les services compétents. « Ces rassemblements causent du désordre, des dégâts pour notre département et pour le monde agricole, et mettent en danger les participants eux-mêmes », insiste-t-il, évoquant des conditions météorologiques qui, lors de l’événement du 14-15 mai, étaient « extrêmement défavorables ».

La préfecture a engagé un travail de cartographie des sites potentiels susceptibles d’accueillir des rassemblements de grande ampleur, en collaboration avec les élus, la gendarmerie et les agriculteurs qui connaissent le territoire. Un dispositif préventif que Gilles Quénéhervé qualifie d’« assez novateur », et qu’il entend maintenir « autant de fois qu’il le faudra ».

Ludovic Terol

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