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Le nouveau directeur de l’ARS Occitanie en visite en Lozère : « Ce n’est pas un désert médical, mais un territoire fragile »

Pour sa première visite de terrain en Lozère, François Mengin Lecreulx, nouveau directeur général de l’ARS Occitanie, a consacré sa journée à l’hôpital de Mende, aux acteurs médico-sociaux et au président du département. Son constat : un territoire inventif, engagé, mais qui doit rester vigilant.

Un plateau technique qui surprend

En poussant les portes de l’hôpital de Mende, François Mengin Lecreulx dit avoir été frappé par la densité de l’offre de soins. « C’est assez formidable quand même pour un territoire d’à peu près 80 000 habitants », confie-t-il. Un laboratoire qu’il qualifie d’exceptionnel, des urgences qui ont su trouver un modèle original — les praticiens de l’hôpital assurent également la régulation de la permanence des soins de ville via le centre 15 —, des équipes qu’il décrit comme motivées et fières de leur outil de travail.

Une visite en mode découverte, qu’il assume volontiers : « Il y a toujours un effet vitrine, c’est normal. » Mais au-delà du tableau soigné, le directeur général dit avoir perçu quelque chose de plus profond : une communauté médicale qui fait bloc autour des enjeux de continuité des soins.

Urgences et maternité, priorités absolues

Interrogé sur ses priorités pour la Lozère, François Mengin Lecreulx est direct. La médecine d’urgence arrive en tête. « C’est celle qui est attendue par la population, qui plus est dans un contexte où la médecine de ville apporte une réponse qui est ce qu’elle est. » Une cinquantaine de médecins pour moins de 80 000 habitants — une ressource qu’il juge fragile, d’autant qu’une partie significative approche de la retraite.

Vient ensuite la pérennité de la maternité, puis, plus largement, le renforcement de l’ensemble des filières de soins spécialisées. Sur ce point, le directeur mise sur les consultations avancées — des praticiens venus de Montpellier, Clermont-Ferrand ou du Puy-en-Velay qui interviennent ponctuellement sur le territoire. « L’essentiel, c’est l’offre qu’on amène. Peu importe si le médecin s’installe de façon pérenne ou s’il vient consulter depuis un autre site. »

Des points de vigilance demeurent : la cardiologie, et surtout la cancérologie, qu’il reconnaît encore fragile sur cet hôpital.

« Pas un désert médical, un territoire fragile »

La question du désert médical, souvent associée à la ruralité lozérienne, ne convainc pas tout à fait le directeur général. « Je ne dirais pas que la Lozère est un désert médical. C’est un territoire fragile parce que démographiquement, il est fragile. » Une nuance qu’il tient à poser, tout en reconnaissant que la vigilance doit rester permanente.

Ce qui l’a frappé, au fil de cette journée, c’est plutôt la capacité d’adaptation des acteurs locaux. Un constat qu’il étend au secteur médico-social, après une rencontre avec Jacques Blanc, président du Clos du Nid. « Ce qui fait la réponse dans un territoire comme ça, c’est la capacité d’imagination des acteurs. Et j’ai l’impression qu’elle est présente ici. »

Des projets d’investissement sont par ailleurs attendus sur l’hôpital de Mende, notamment la réhabilitation des urgences et du laboratoire. L’ARS entend jouer son rôle pour les accompagner.

Ludovic Terol

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