Le DITEP Maria Vincent passe au bois-énergie

À Saint-Étienne-du-Valdonnez, les PEP 48 ont inauguré un réseau de chaleur à granulés de bois pour chauffer l’ensemble du site Maria Vincent. Un chantier d’1,4 million d’euros bouclé en un an, qui réduit la facture énergétique de 30 % et illustre l’engagement de l’association pour ses jeunes usagers.
Un site médico-social qui tournait aux radiateurs électriques
Le DITEP Maria Vincent accueille une cinquantaine de jeunes de 6 à 18 ans présentant des troubles du comportement, à Saint-Étienne-du-Valdonnez. Ses 1 200 m² de bâtiments, rénovés dans les années 2000 sans souci d’efficacité énergétique, étaient jusqu’ici chauffés à l’électricité. Résultat : des factures qui s’envolaient d’année en année. Les PEP 48 ont décidé d’agir.
Le projet prend forme à partir de juin 2024, avec une étude de faisabilité qui oriente rapidement le choix vers le granulé de bois — plus compact que le bois déchiqueté, mieux adapté aux contraintes du site resserré. Dès septembre, un dossier est déposé auprès de l’État via le Fonds Chaleur de l’ADEME, qui accorde 360 000 euros. La Région Occitanie suit en novembre avec 160 000 euros de fonds européens FEDER.
Un chantier d’un an, sans interrompre l’activité
Dès le printemps 2025, un bâtiment chaufferie est construit en haut du site. L’été permet d’enterrer les canalisations du réseau de chaleur — 320 mètres linéaires au total — et l’automne-hiver voit la création des réseaux de chauffage et d’eau chaude sanitaire dans chacun des sept bâtiments. Tout cela sans jamais interrompre l’accueil des jeunes.
« C’est un projet qu’on nous avait défini sur trois ans, on a réussi à le boucler sur un an grâce à un partenariat très efficace avec le SDEE, le BET INSE à Mende, et des entreprises locales qui se sont bien engagées dans le projet », souligne Philippe Cogoluègnes, président des PEP 48.
Le coût global s’élève à 1,4 million d’euros TTC, pour des économies attendues de près de 30 % sur les coûts d’exploitation par rapport à l’électricité.
Du granulé produit à moins de 60 kilomètres
Au cœur du dispositif, deux chaudières à granulés de 160 kW chacune, consommant environ 120 tonnes de bois par an. En intersaison, une seule suffit pour l’eau chaude sanitaire ; en plein hiver, les deux tournent à plein régime. Le granulé est approvisionné localement, auprès d’un fournisseur situé à moins de 60 kilomètres du site.
« C’est le granulé de bois qui a été choisi puisque c’est beaucoup plus compact que le bois déchiqueté. Et on a la chance d’avoir une ressource produite localement, ce qui est très intéressant pour les coûts de fonctionnement », explique Christelle Bout, technicienne chaleur renouvelable au SDEE 48, qui a accompagné le projet de l’étude à l’obtention des financements.
Un outil au service des jeunes
Au-delà de la performance technique, c’est bien le confort des résidents qui est au cœur du projet pour les PEP 48 — association centenaire née après la guerre de 14-18 pour accompagner les enfants orphelins, et qui gère aujourd’hui en Lozère plusieurs structures médico-sociales et de loisirs. « Un bel outil au service des jeunes », résume simplement Philippe Cogoluègnes.
Ludovic Terol
