Pourquoi la Lozère est particulièrement vulnérable au manque d’eau

Alors que notre département connait de nouveau une vague de chaleur intense, la préfecture de Lozère appelle à la vigilance concernant la ressource en eau.
La canicule enregistrée à la fin du mois de mai a déjà entraîné une baisse des débits des cours d’eau.
Si aucune mesure de restriction n’est envisagée pour l’instant, les autorités suivent la situation de près.
La préfecture rappelle que la Lozère présente une particularité : elle ne dispose pas de réserves d’eau profondes et dépend directement des précipitations. Sa position en tête de bassin versant rend également ses milieux aquatiques particulièrement sensibles aux épisodes de sécheresse.
« Pour l’instant, on n’en est pas là. Vraiment, on n’en est pas là, il faut rester serein », a assuré le préfet Gilles Quénéhervé lors d’une prise de parole consacrée aux enjeux estivaux. Il reconnaît toutefois que les premiers indicateurs appellent à la vigilance. « On voit que les niveaux baissent et il faut qu’on prenne des décisions qui vont être en adéquation avec la situation météo. Les débits commencent à chuter, donc il faut voir comment on va gérer ça. »
Afin d’anticiper une éventuelle dégradation de la situation, le Comité Ressource en Eau (CRE) a déjà lancé sa campagne de suivi 2026. Des réunions régulières sont programmées tous les quinze jours, voire chaque semaine si les conditions l’exigent. « On va se tenir maintenant très régulièrement. On a un point déjà fixé tous les quinze jours et, au besoin, toutes les semaines pour assurer les décisions les plus adaptées à la situation météorologique », précise le représentant de l’État.
La question du stockage de l’eau
Au-delà de la gestion immédiate de la ressource, le préfet a également mis en avant un enjeu de fond : celui du stockage de l’eau. « On n’a pas de nappes phréatiques, donc on n’arrive pas à stocker l’eau. On est en tête de bassin versant et notre eau part rapidement », souligne-t-il.
Face aux conséquences du changement climatique, Gilles Quénéhervé souhaite ouvrir une réflexion collective sur le sujet. « Il ne faut pas sous-estimer la question du stockage de l’eau qui est essentielle pour les années à venir. Avec le réchauffement climatique, nous aurons peut-être moins de pluie ou des épisodes très intenses sur de courtes périodes. À un moment, il va falloir se poser la question de la manière dont nous pouvons constituer des réserves d’eau pour l’été. »
Le préfet évoque notamment la tenue future d’assises de l’eau afin de réunir l’ensemble des acteurs concernés, notamment le monde agricole, autour de cette problématique.
En revanche, il a tenu à écarter une piste régulièrement évoquée dans le débat public : la création de « méga-bassines ». Selon lui, un tel projet n’est actuellement pas à l’ordre du jour en Lozère.
Pour l’heure, les autorités misent avant tout sur la surveillance de la ressource et sur les économies d’eau au quotidien afin de préserver un patrimoine naturel particulièrement fragile.
Thomas Emmler
