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Prison avec sursis pour l’empoisonnement mortel de sept loups du parc de Sainte-Lucie : « C’était de la colère » explique l’éleveur

C’est un jeune homme à la large carrure et à la posture voûtée qui est venu se présenter à la barre ce mardi au tribunal correctionnel de Mende.

Les faits reprochés ? Une série d’empoisonnements de sept animaux du parc des loups du Gévaudan de Sainte-Lucie, entre novembre 2024 et septembre 2025.

Pour ce faire, l’éleveur bovin, voisin du parc, a jeté une dizaine de boules de viande hachée mélangées à la bromadiolone, une puissante molécule utilisée comme produit raticide.

Arrêté en mars dernier, le prévenu a de nouveau présenté ses aveux devant la juge.

« J’ai fait une bêtise. C’était de la colère. Le loup est partout, c’est un problème », explique-t-il, la tête baissée.

Une série d’actes réalisés, « sur un coup de tête », que l’exploitant agricole justifie difficilement et qu’il regrette aujourd’hui.

Son avocat, Maître Alain Dibandjo, parle d’un ras-le-bol dans un département où la présence lupine fait débat depuis de nombreuses années.

« C’est un ras-le-bol en raison d’une population qui se multiplie quand même à une vitesse exponentielle et qui cause des dégâts au niveau du bétail. Donc on peut comprendre que, pour le monde agricole, pour les éleveurs, ce soit une angoisse permanente. Certes, ce sont des loups hors captivité, il ne faut pas qu’on confonde les choses. Il peut arriver effectivement qu’une personne, pour des raisons qu’on n’arrive pas à expliquer, se croie investie d’une mission de réduire une population qui, pour certains éleveurs, devient inquiétante par rapport à leur activité. »

Autre argument exposé par la défense : la présence en nombre de vautours attirés lors du nourrissage des loups dans l’enceinte du parc. Des rapaces qui auraient, en 2016, tué un veau de l’exploitation du jeune homme, un épisode dont il reste marqué.

De l’autre côté, la SELO, société propriétaire du parc à loups, n’a pas souhaité se porter partie civile lors du procès, pour, je cite, « ne pas mettre de l’huile sur le feu ».

Son directeur, Roger Crueyze : « Je comprends tout à fait les agriculteurs qui sont victimes d’attaques sur leurs troupeaux, c’est leur outil d’exploitation. Il faut se mettre à leur place. Mais il faut bien distinguer les loups dans le parc et les loups à l’extérieur. Ça a été très difficile pour les zootechniciens parce que les loups, pour eux, ce sont leurs enfants. Ils sont très attachés, ils les connaissent par cœur, ils les ont élevés. Ça a été difficile pour eux. »

Sept empoisonnements mortels de loups qui ont entraîné des conséquences encore plus dramatiques.

Les principales victimes de l’éleveur étant des individus dominants, leur mort a provoqué une concurrence chez les loups subordonnés de la meute. Des affrontements internes qui ont causé sept autres décès par blessures.

L’homme de 27 ans risquait jusqu’à trois ans de prison et 150 000 euros d’amende.

Sans antécédent judiciaire, l’éleveur a finalement été condamné à 24 mois d’emprisonnement avec sursis probatoire ainsi qu’à 10 000 euros d’amende.

La défense dispose de dix jours pour faire appel.

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