Prédation du loup : la Lozère comptabilise 84 attaques depuis le début de l’année

Réuni ce vendredi 21 août 2026 à Mende, le préfet de la Lozère, Gilles Quénéhervé, a dressé un point de situation sur la présence du loup dans le département. Avec 84 constats d’attaques enregistrés depuis le début de l’année, contre 95 à la même date en 2025, la pression de prédation reste globalement stable, même si une accélération est observée depuis une dizaine de jours, comme chaque été. Face à cette « réalité durable », l’État dit maintenir un dispositif complet associant protection des troupeaux, défense et indemnisation des éleveurs.
Une situation « quasiment identique » à l’an dernier
Selon le préfet, le nombre d’attaques donnant lieu à indemnisation progresse depuis 2023 : 66 constats cette année-là, 106 en 2024, 113 en 2025. Au 20 août 2026, 84 constats ont été réalisés, dont 64 devraient donner lieu à indemnisation. Gilles Quénéhervé insiste sur la continuité de l’action publique, expliquant que la situation est « quasiment identique à celle de l’année dernière », tout en reconnaissant une légère accélération depuis une huitaine de jours, un phénomène observé chaque année à la même période.
Un dispositif à trois niveaux : protection, défense, indemnisation
Le préfet de la Lozère a détaillé les mesures déployées : présence et surveillance renforcées des troupeaux, recours à des chiens de protection, parcs électrifiés, regroupement et gardiennage des animaux. Près de 190 agriculteurs vont mobiliser ces dispositifs en 2026, contre 134 en 2024 et 167 en 2025, pour un budget de protection supérieur à un million d’euros en 2025. 48 bergers et 202 chiens de protection seront subventionnés cette année.
En complément, 229 éleveurs bénéficient actuellement d’une autorisation de tir de défense, un cadre réglementaire qui a évolué en 2026 avec la loi d’urgence agricole. Les 18 lieutenants de louveterie du département peuvent être mandatés par le préfet pour accompagner les éleveurs, notamment de nuit, et la brigade loup de l’Office français de la biodiversité va intervenir prochainement.
Le loup se déplace, la Margeride en première ligne
La présence de meutes reproductrices est avérée sur la Margeride, le Mont Lozère, les Causses et l’Aigoual. Le préfet note toutefois une évolution des secteurs touchés par rapport à 2025. Il évoque notamment le Causse Méjean, mais souligne surtout un changement de dynamique : selon lui, le loup « se déplace » et est désormais « présent sur l’ensemble du département », des territoires évoluant d’une année sur l’autre.
Le préfet veut un accompagnement au plus près de la détresse des éleveurs
Au-delà des chiffres, le préfet met en avant la dimension humaine du dossier, évoquant des agriculteurs reçus « en larmes » dans les bureaux de la préfecture — une réalité qui, selon lui, oblige les services de l’État à obtenir des résultats concrets. Chaque signalement fait l’objet d’un constat sous 48 heures par l’OFB ou le Parc national des Cévennes, puis d’une expertise de la DDT pour déterminer la possibilité d’une indemnisation. Enfin, l’an dernier 5 loups ont été prélevés en Lozère.
Ludovic Terol
