À Mende, 700 manifestants pour le pouvoir d’achat et les services publics

Hier, à l’appel de l’intersyndicale, près de 700 personnes ont défilé dans les rues de Mende. Salariés, jeunes et retraités réclamaient des négociations salariales, la hausse des pensions, du SMIC et des aides sociales, ainsi que des moyens pour les services publics.
Une mobilisation large
Salariés du public comme du privé, jeunes et retraités étaient appelés à se mobiliser hier à Mende. L’intersyndicale demandait l’ouverture de négociations salariales dans toutes les entreprises et les branches, l’augmentation des pensions de retraite, du SMIC et des aides sociales, ainsi que des moyens supplémentaires pour les services publics.
« Un niveau jamais atteint de casse sociale »
Parmi les manifestants, Véronique, salariée d’un tiers-lieu et syndiquée chez Asso Solidaire, est venue dénoncer la baisse du pouvoir d’achat et les choix budgétaires du gouvernement. « On est à un niveau jamais atteint en termes de casse sociale, de précarité, pour toutes les couches de la société », estime-t-elle. Dans son espace de vie sociale, la baisse des subventions a des conséquences concrètes : « On a dû procéder à un licenciement économique suite à l’arrêt du dispositif conseiller numérique. » Sur un territoire très isolé, elle dit se sentir « abandonnée » et appelle à agir sans attendre : « C’est maintenant qu’il faut agir, il ne faut pas attendre la présidentielle. »
Jeunesse et retraités, même combat
Joël, retraité et ancien enseignant, dit venir « quasiment par obligation ». Très sensible à la question de la jeunesse, il juge qu’elle « n’est pas dans la sérénité ». Il s’inquiète aussi pour les retraités, qui seront selon lui « ponctionnés très anormalement » si rien n’est fait. « Ce n’est pas parce que certains retraités ont des retraites confortables que tous les ont », souligne-t-il, rappelant le principe selon lequel on contribue en fonction de ses moyens et on reçoit en fonction de ses besoins.
Une réflexion sur le modèle de société
Pour Irène, salariée de la Fédération des Foyers ruraux, l’enjeu dépasse le pouvoir d’achat. Elle estime que les valeurs d’égalité et de fraternité sont « mises à mal par la politique actuelle », et s’inquiète de l’évolution de l’IA, où de grandes entreprises, parfois plus fortes que les États, « donnent les orientations ». « C’est important qu’on se rassemble et qu’on décide de la société que l’on veut », plaide-t-elle, réclamant au moins une réflexion collective sur les services publics, le milieu associatif et la culture.
Ludovic Terol
