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AESH en Lozère. Les futurs Pôles d’appui à la scolarité cristallisent les tensions

Un meilleur salaire et un véritable statut. Ce sont les principales revendications portées par les AESH (accompagnants d’élèves en situation de handicap) et l’intersyndicale réunis mardi dernier devant les locaux de la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale en Lozère.

Souvent employés à temps partiel, pour une rémunération moyenne d’environ 900 euros par mois, les AESH dénoncent des conditions de travail qu’ils jugent précaires. Ils alertent également sur un manque de personnel face à l’augmentation constante du nombre d’élèves nécessitant un accompagnement.

« Plus les années passent, plus il y a d’enfants notifiés, et malheureusement moins il y a d’AESH recrutés », témoigne Camille, AESH sur le secteur de Langogne. Elle rappelle qu’à la rentrée prochaine, « 50 000 enfants en France n’auront pas d’accompagnement adapté ».

La mise en place des PAS suscite l’inquiétude

Cette année, aux revendications habituelles s’ajoute un nouveau sujet de tension entre les organisations syndicales et la direction académique : la création des PAS, les Pôles d’appui à la scolarité.

Prévu pour la rentrée prochaine, le dispositif doit découper la Lozère en trois zones d’intervention afin de coordonner l’accompagnement des élèves à besoins particuliers. Deux postes supplémentaires doivent être créés dans ce cadre.

Mais les syndicats contestent ce projet. Ils soulignent que les députés ont récemment rejeté, une nouvelle fois, la généralisation nationale du dispositif. Ils demandent donc son abandon et la réaffectation des moyens prévus vers des postes d’enseignants.

« L’Assemblée nationale ayant voté contre la généralisation des PAS, il n’y a plus aucun cadre juridique légal pour faire fonctionner ces structures », estime Hervé Fumel, co-secrétaire départemental de la FSU.

Des déplacements plus importants redoutés

Les représentants du personnel craignent également que la mise en place des PAS entraîne un élargissement des secteurs d’intervention des AESH. Dans un contexte marqué par la hausse des coûts de carburant, ils redoutent une augmentation des déplacements pour des salariés déjà précaires.

Ils citent notamment l’exemple du futur PAS de Marvejols, dont le périmètre s’étendrait de La Canourgue à Saint-Chély-d’Apcher.

Pour les syndicats, la réponse passe par une évolution du statut des AESH. Selon eux, leur titularisation permettrait de mettre fin à des organisations reposant sur une forte mobilité des personnels.

Une évolution du statut à l’étude

Cette revendication pourrait toutefois trouver un début de réponse au niveau national. Un groupe de travail piloté par le ministère de l’Éducation nationale doit être lancé mardi prochain afin d’étudier les perspectives d’évolution du statut des AESH.

Les changements ne devraient cependant pas être immédiats. Selon les premières pistes évoquées, entre 10 et 20 % des 140 000 AESH pourraient être concernés par une première vague de titularisation. Une réforme qui ne devrait pas entrer en vigueur avant la prochaine élection présidentielle.

Thomas Emmler

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