Arnaque aux fauteuils roulants, allocations en vivant à Dubaï : la CCSS fait le bilan de la fraude en Lozère

La Caisse commune de sécurité sociale (CCSS) de Lozère a détecté 870 000 euros de fraude en 2024, a-t-elle annoncé jeudi à Mende lors d’une conférence de presse consacrée aux dispositifs de contrôle et de répression.
Ce montant représente 1,2 % des 744 millions d’euros distribués ou collectés par les trois branches de la CCSS : l’Assurance maladie, la CAF et l’URSSAF.
Pour le directeur de la CCSS de Lozère, Nicolas Perrin, ces chiffres doivent être relativisés. « La fraude est un problème important, mais ce n’est certainement pas la cause principale du déficit et des difficultés financières que connaît la Sécurité sociale depuis des décennies. Pour autant, nous devons poursuivre nos actions pour la limiter au maximum. »
Les fraudes à l’Assurance maladie en forte hausse
Avec 79 fraudes détectées en 2024, la branche Assurance maladie concentre la plus grande partie des montants détournés, représentant 456 000 euros de préjudice. Le nombre de dossiers a d’ailleurs doublé par rapport à l’année précédente.
Selon la CCSS, 85 % de ces fraudes sont le fait de professionnels de santé ou de faux professionnels. Des réseaux organisés utilisent désormais le numérique pour mettre en place des escroqueries de grande ampleur.
« Nous constatons une montée en puissance de fraudes de grande envergure, le fait de véritables gangs. Ils créent des structures médicales fictives pour tenter de nous facturer du matériel médical comme des fauteuils roulants à plusieurs milliers d’euros pièce. L’an dernier, nous avons identifié deux tentatives d’entreprises qui n’existaient pas. Si nous ne sommes pas vigilants, le préjudice peut être très important. »
Face à cette évolution, la CCSS indique renforcer ses contrôles lors du conventionnement et de l’immatriculation des nouveaux professionnels de santé.
Il touchait la CAF tout en vivant à Dubaï
Concernant les prestations sociales, les principales fraudes concernent les fausses déclarations de ressources, devant les déclarations mensongères sur la situation familiale ou l’absence de résidence en France.
La CCSS cite notamment le cas d’un allocataire lozérien qui continuait à percevoir des prestations de la CAF alors qu’il résidait à Dubaï.
