Chambre d’agriculture bientôt sous tutelle renforcée ? La préfecture appelle à une sortie de crise

La crise se poursuit à la chambre départementale d’agriculture de Lozère. Une réunion de travail s’est tenue il y a une dizaine de jours en présence de Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la transition écologique, en déplacement dans le département. Objectif : tenter de renouer le dialogue entre les différents acteurs et trouver une issue à un blocage politique qui dure depuis les dernières élections de la chambre.
Depuis près d’un an et demi, l’institution agricole reste paralysée par des désaccords entre les élus de la Coordination Rurale 48 et l’alliance FDSEA-Jeunes Agriculteurs. Faute d’accord, la chambre d’agriculture n’a toujours pas adopté de budget, une situation qui a conduit la préfecture à renforcer sa mise sous tutelle.
Une situation que le préfet de Lozère, Gilles Quénéhervé, juge préoccupante. « C’est une situation qui est inconfortable évidemment pour la chambre, pour les agriculteurs et pour l’État », explique-t-il. Le représentant de l’État souligne que cette gestion sous contrôle nécessite « un gros travail des équipes de suivi, de fixation des différents plafonds ».
Alors que le blocage perdure, le préfet appelle les représentants agricoles à prendre leurs responsabilités. « Moi, je souhaite vraiment que la situation puisse se décanter rapidement et qu’on puisse trouver une solution. Là, ça fait maintenant plusieurs mois qu’on reste dans le statu quo, toujours pas de budget, et donc ça nous oblige à être très vigilants », indique-t-il.
La rencontre organisée avec le ministre Mathieu Lefèvre devait permettre de relancer les discussions, plus de 16 mois après les élections. Pour Gilles Quénéhervé, une sortie de crise devient urgente : « Je pensais qu’on aurait vraiment trouvé une solution plus tôt, mais vu les conséquences que ça peut avoir, moi je compte vraiment sur la responsabilité de chacun. »
Le préfet met en garde contre un fonctionnement durable au ralenti de la chambre : « Si on passe sur une chambre qui va fonctionner à minima parce que chaque action devra faire l’objet d’une validation de la part du préfet, on va perdre un temps fou. Et au final, c’est le mandat de poste qui va en pâtir, et ça, ce serait dommage. »
À ce stade, aucun accord n’a encore été trouvé. La chambre d’agriculture de Lozère reste donc dans l’attente d’un compromis entre les différentes forces syndicales pour retrouver un fonctionnement normal.
Thomas Emmler
