Charges en hausse, dotations en baisse : Langogne augmente ses impôts

Face à une hausse inexorable de ses charges et à des dotations de l’État en recul, la municipalité de Langogne a voté en avril une augmentation des taxes locales. Le maire Jean-François Collange explique un choix qu’il qualifie lui-même de difficile.
Un budget victime de l’effet de ciseaux
La commune n’est pas endettée. Mais ses comptes sont sous pression. D’un côté, les dépenses augmentent sur tous les fronts : les cotisations retraite des agents municipaux bondissent de douze points sur quatre ans, suite à un décret de 2025, représentant un surcoût annuel de 25 000 à 32 000 euros. Les assurances ont augmenté de 20 % en 2026, soit 10 000 euros supplémentaires. Les dépenses énergétiques — électricité, gaz, fioul — pèsent plus de 42 000 euros de surcoût estimé pour cette année. Au total, c’est près de 100 000 euros de charges nouvelles que la commune doit absorber.
De l’autre côté, les recettes reculent. La dotation de compensation liée à la réforme de la taxe professionnelle, qui s’élevait à 104 000 euros en 2024, tombera à 20 000 euros en 2026. Les compensations d’exonération de taxe foncière reculent également de 38 000 euros.
Des économies déjà engagées
Avant de toucher aux impôts, la municipalité a cherché à réduire ses dépenses. Un poste et demi a été supprimé en 2026 — un emploi dans l’entretien et un demi-poste à l’accueil. Mais ces économies ne suffisent pas à compenser l’ensemble des surcoûts.
Le maire est lucide sur les limites de l’exercice : « La commune a réduit ses dépenses partout où elle le pouvait. On a gratté partout. Mais il existe des charges sur lesquelles aucun élu n’a de prise : l’électricité, le gaz, le fioul. Ce dernier a bondi de 50 % en quelques semaines. Durable ou passager ? Personne ne le sait. Continuer à restreindre sans toucher aux impôts aurait inévitablement dégradé les services rendus à la population. À un moment, il faut choisir. La municipalité a donc fait le sien. » »
Une hausse de cent euros par an pour les plus imposés
Le conseil municipal a donc voté le 21 avril une augmentation des taux de taxe foncière sur les propriétés bâties, de taxe foncière sur les propriétés non bâties et de taxe d’habitation sur les résidences secondaires. Concrètement, pour un foyer acquittant 2 000 euros de taxe foncière — ce qui représente la tranche haute —, la hausse sera d’environ cent euros par an, soit huit euros par mois.
Jean-François Collange assume le choix, tout en reconnaissant sa difficulté : « C’est une décision difficile à prendre, parce que la situation est compliquée pour tous les ménages. Mais il a fallu faire un choix pour garder une continuité et une qualité de service rendu à la population. »
L’État pointé du doigt
Le maire ne cache pas son sentiment face à la politique de l’État. Les cotisations retraite de la fonction publique territoriale, qui représentaient 10 % en 1985, dépasseront 40 % fin 2028 — bien au-delà des niveaux du secteur privé. Pendant ce temps, les dotations baissent. « L’État demande de plus en plus et en contrepartie les dotations baissent aussi », résume Jean-François Collange. Un constat partagé par de nombreux élus locaux à travers le pays.
Ludovic Terol
[photo: Office de tourisme de Langogne]
