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Emmanuel Macron à Mende : le téléphone au lycée au cœur de sa dernière rentrée scolaire

Le président de la République s’est rendu hier à Mende, pour sa dernière rentrée des classes en tant que pensionnaire de l’Élysée. Emmanuel Macron a d’abord fait étape au lycée Chaptal, avant de se rendre à la faculté d’éducation de Mende. Une visite largement consacrée à la place du téléphone portable et des réseaux sociaux chez les jeunes, mais aussi marquée par la mobilisation d’enseignants et de syndicats.

« On ne sociabilise pas de la même manière avec son téléphone. » C’est avec ces mots que le président de la République a débuté sa rencontre avec les lycéens de Mende.

Emmanuel Macron avait choisi le lycée Chaptal pour effectuer sa dernière rentrée des classes en tant que pensionnaire de l’Élysée. Une venue notamment destinée à présenter le nouveau dispositif phare de la rentrée 2026 : l’interdiction du téléphone portable pour les lycéens.

Pour le chef de l’État, la mesure doit permettre aux élèves de retrouver davantage d’attention et de favoriser les interactions entre eux.

« À la fois les enseignants, les familles mais même scientifiquement, on a établi qu’à votre âge et compte tenu du fait que vous êtes là pour apprendre, vous êtes là pour aussi apprendre l’esprit critique, vous êtes là pour vous construire, c’est dans ces interactions que les choses se font. »

Pour Emmanuel Macron, « le téléphone, les écrans et encore plus les réseaux sociaux » éloignent les jeunes de cet objectif.

« Ils enlèvent de l’attention, vous l’avez dit, et de la capacité à être les uns avec les autres. »

Les réseaux sociaux, « le nerf de la guerre » pour Emmanuel Macron

L’usage des réseaux sociaux constitue l’un des principaux sujets de préoccupation du président de la République. Un téléphone qui prend du temps d’attention et qui peut, selon lui, avoir un impact sur la santé mentale, notamment chez les plus jeunes.

Emmanuel Macron estime notamment que l’accès aux réseaux sociaux devrait être limité avant l’âge de 15 ans.

« Avant 15 ans, aller sur les réseaux sociaux n’est pas bon. Pourquoi ? Parce que d’abord, on n’est pas mature sur le plan de ses émotions, de sa sensibilité. On est en train d’apprendre. »

Le président évoque également les phénomènes d’addiction et les troubles de l’attention.

« Ça crée des addictions, des dépendances. C’est d’ailleurs un peu fait pour ça. Ça crée des troubles de l’attention. »

Selon lui, l’habitude du « scroll » sur les réseaux sociaux comme TikTok aurait également des conséquences sur la capacité des jeunes à lire et à rester concentrés sur des contenus longs.

« On a vu d’ailleurs à quel point, à mesure qu’on s’exposait à ces écrans et à ces réseaux sociaux, on avait de plus en plus de mal à fixer son attention pour lire ou même regarder un film. »

Le chef de l’État estime enfin que les réseaux sociaux exposent certains adolescents à des contenus auxquels ils ne sont pas nécessairement préparés, notamment concernant leur santé mentale.

Une quarantaine d’enseignants mobilisés devant le lycée Chaptal

La visite présidentielle n’était toutefois pas au goût de tout le monde. En marge de l’événement, devant le lycée Chaptal, une quarantaine d’enseignants avaient formé un comité d’accueil intersyndical pour dénoncer la politique éducative menée depuis 2017.

Parmi eux, Hervé Fumel, secrétaire départemental du SNUipp-FSU Lozère. Si l’enseignant approuve la régulation du téléphone portable au lycée, ce sont d’autres priorités qu’il aurait aimé voir mises sur le devant de la table lors de cette visite présidentielle.

« Nous, ici Chaptal, toutes nos classes sont entre 33 et 34 élèves. Donc beaucoup trop d’élèves pour espérer tous les faire réussir dans ce contexte-là. »

L’enseignant pointe également la situation des accompagnants d’élèves en situation de handicap, les AESH, ainsi que la question des salaires.

« Puis il y a le mécontentement général de nos AESH qui n’ont toujours pas de statut et qui s’estiment à essayer de faire de l’école inclusive une vraie réalité pour les élèves en situation de handicap. Puis il y a aussi le gel des salaires qui est maintenu. »

Sophie Pantel aux côtés des enseignants

Une mobilisation à laquelle s’est jointe la députée de la Lozère, Sophie Pantel. La parlementaire explique avoir souhaité venir saluer les syndicalistes de l’enseignement public, dont elle dit partager les revendications.

« Pour moi, c’était important de venir saluer les syndicalistes de l’enseignement public. Parce que je partage les revendications qui sont les leurs. »

Sophie Pantel appelle notamment à ne pas avoir une gestion « uniquement comptable » de l’Éducation nationale et à prendre en compte les spécificités des territoires ruraux.

« Il faut tenir compte de l’aménagement du territoire, il faut tenir compte du maillage territorial de nos écoles. »

Face à la baisse annoncée du nombre d’élèves et à la diminution mécanique des moyens, la députée estime qu’il faut « peut-être travailler autrement » et privilégier davantage le qualitatif.

Dernière étape à l’INSPE de Mende

En début d’après-midi, pour conclure sa visite express en Lozère, Emmanuel Macron s’est également rendu à l’INSPE de Mende pour rencontrer les futurs professeurs des écoles.

Thomas Emmler

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