À Mende, les lycéens bloquent Chaptal pour « représenter la jeunesse rurale »

En réponse à l’appel national au blocus, des élèves du lycée Chaptal se sont mobilisés ce mercredi 30 septembre dès 7h30. Santé mentale, prévention du harcèlement, moyens de l’éducation : ils réclament de l’accompagnement plutôt que des interdictions.
Un blocus symbolique
Devant le lycée, une entrée est fermée, l’autre reste ouverte. Les élèves qui souhaitent travailler peuvent passer, condition posée par la direction. Les autres distribuent des tracts aux automobilistes. « Notre action se veut beaucoup plus symbolique qu’autre chose. On veut faire du bruit et ça fonctionne bien », explique Agathe, lycéenne mobilisée. Environ une centaine de tracts avaient déjà été distribués en début de matinée.
Le mouvement fait écho à l’appel national lancé après les violences policières en Île-de-France, à Nîmes et à Montpellier. « C’est important pour nous aussi de représenter la jeunesse rurale, parce qu’on a aussi des revendications, on est capable de les porter », affirme-t-elle. La veille, des élèves avaient déjà défilé dans le cortège intersyndical.
« Pas de prohibition, de la sensibilisation »
Au cœur des demandes, la santé mentale des jeunes. Les lycéens alertent sur le taux de dépression et le manque de moyens d’accompagnement à l’hôpital de jour. Ils dénoncent aussi les coupes budgétaires, la loi anti-téléphone dans les lycées et l’interdiction des réseaux sociaux avant 15 ans. Pour Agathe, ces mesures passent à côté du problème : « Ça ne devrait pas passer par la prohibition mais par la sensibilisation et un réel accompagnement. » Le harcèlement et l’addiction au téléphone, insiste-t-elle, appellent une réponse « concrète ».
Tout comme au niveau national, la France insoumise de Lozère, qui soutient les élèves, mentionne d’autres attentes : une politique départementale en faveur de la jeunesse et la mise en œuvre de l’éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité.
Le soutien des professeurs
D’après Agathe, certains enseignants, ont accueilli le mouvement favorablement. « Hier, ils nous ont félicités. Aujourd’hui, il y a des représentants des profs aussi », se réjouit elle. Elle y voit une cause partagée : « Face au gouvernement, on est sur le même plan. » Les élèves se disent solidaires des professeurs sur les coupes budgétaires et leurs conditions de travail.
Quelle suite ?
Le mouvement se veut avant tout lycéen. « Je ne dirais pas qu’il est hyper politisé, c’est plus des revendications propres à la vie lycéenne », précise Agathe, qui reconnaît un engagement personnel plus large. Une assemblée générale pourrait être organisée pour décider de la suite. « Pour l’instant, une journée, c’était déjà bien », estime-t-elle, rappelant que manquer les cours est une responsabilité qu’il faut assumer.
Ludovic Terol
