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Lozère : les adolescents en crise n’ont ni lit ni pédopsychiatre

Depuis la fin de l’été, l’hôpital psychiatrique de Saint-Alban n’a plus aucun pédopsychiatre, et l’hospitalisation à temps complet des adolescents a fermé. Les équipes tiennent, mais les soins sont dégradés. Les personnels manifestent ce mardi 29 septembre pour alerter sur la situation.

Trois départs, plus aucun lit

Au centre hospitalier François Tosquelles, la filière adolescents (Mende et Langogne) fonctionne désormais sans médecin dédié. Trois pédopsychiatres sont partis et personne ne les a remplacés. « La situation est un peu inédite », résume Chrystel Courbassier, psychologue dans l’établissement depuis vingt ans. Il ne reste qu’une matinée par semaine, assurée par un médecin qui travaille aussi en psychiatrie adulte.

La fermeture de l’hospitalisation à temps complet en est la conséquence directe. « On n’a plus de lit pour les adolescents sur la Lozère », constate la psychologue. Le département ne peut plus accueillir un jeune en crise pour la nuit ni lui offrir un temps d’observation à distance de sa famille. Ces adolescents sont orientés vers la pédiatrie ou, à partir de 16 ans, vers l’unité de psychiatrie adulte. « Ce n’est pas du tout satisfaisant », souligne-t-elle.

Des équipes présentes, des soins réduits

Le reste du dispositif tourne au ralenti. Les hôpitaux de jour pour enfants restent ouverts, mais sur des temps raccourcis. Une réorganisation a été décidée jusqu’en décembre pour garder le personnel en place. Au-delà, l’horizon est flou : « Sur la durée, on n’a aucune visibilité », admet Chrystel Courbassier. Alors que le nombre de jeunes suivis augmente chaque année, et de façon « exponentielle » chez les adolescents depuis 2020-2021, la direction dit chercher activement des médecins. « Il y a des contacts, mais pour l’instant on ne sait pas plus », indique Liza Langlais, infirmière et représentante CGT du personnel.

Une pénurie qui se nourrit d’elle-même

Le problème dépasse la Lozère. « Il y a une pénurie nationale de pédopsychiatres, je crois qu’il y en a 600 en tout en France », rappelle Liza Langlais. Chaque départ pèse sur les médecins restants : « Un départ en engendre un deuxième, la dernière n’ayant pas envie d’avoir toute la pédopsychiatrie du département pour elle seule. » Le recrutement s’en trouve compliqué, puisqu’il faut convaincre un médecin d’endosser « une charge de travail démentielle ». La grande vague de départs, ajoute l’infirmière, « fait peur aux futurs arrivants ».

Le manque touche aussi l’adulte, où plusieurs psychiatres ont quitté l’hôpital cet été. Liza Langlais cite l’unité UAPP, sans psychologue en dehors d’une journée par semaine prêtée par le CMP. À Saint-Alban même, la situation est jugée « moins catastrophique ».

« La dernière roue du carrosse »

Pour les personnels, la mobilisation du 29 septembre vise à rendre le problème visible. « On voulait que la population se rende compte du manque, parce que tout le monde peut être amené à avoir besoin de soins en santé mentale », explique Liza Langlais. Quand un généraliste manque, le sujet s’empare vite du débat public, alors que la psychiatrie « a toujours été la dernière roue du carrosse ». Or l’hôpital de Saint-Alban est le seul service public de psychiatrie du département.

Ludovic Terol

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