Série d’incendies en avril : « Le réchauffement climatique joue un rôle majeur »

Vingt-trois incendies et près de 150 hectares partis en fumée : la Lozère enregistre déjà un bilan supérieur à celui de l’an dernier, alors que la saison débute à peine. Le dernier feu en date remonte à une semaine, avec 30 hectares brûlés au-dessus du lac de Villefort et plus de 80 sapeurs-pompiers mobilisés.
En cause : des sols déjà très secs et des nappes phréatiques en tension. Une situation qui s’inscrit dans une tendance plus large, liée au changement climatique, selon Anne Monteiro, directrice de cabinet et sous-préfète en charge de la coordination des services d’urgence :
« Le réchauffement climatique joue un rôle majeur sur la sécheresse des sols, on le constate dans l’ensemble de l’arc méditerranéen. Une vigilance accrue doit être mise en place, avec un dispositif de surveillance multipartenaire associant notamment l’ONF, la DDT et le SDIS. »
Face à des incendies plus précoces et plus intenses, les autorités insistent sur la prévention, encore plus dans notre département peu habitué à une telle intensité :
« L’enjeu est de développer une véritable culture du risque, auprès des particuliers comme des élus et des professionnels. C’est un travail collectif majeur. »
Prévention renforcée et nouvelles méthodes
Jusqu’ici peu confrontée à ce type de situation, la Lozère adapte désormais ses pratiques en s’inspirant des départements méditerranéens comme l’Aude ou les Bouches-du-Rhône. En cas d’alerte, des patrouilles sont déployées pour détecter les départs de feu le plus tôt possible :
« Lorsqu’un risque incendie majeur est identifié, des patrouilles sont mises en place. La détection en amont est essentielle. Des arrêtés d’interdiction d’accès à certains sites peuvent être pris, ainsi que des limitations de travaux agricoles. »
Autres points de vigilance : les rassemblements festifs non encadrés, comme les free parties, et le respect des obligations de débroussaillage. Le département travaille également à l’installation de caméras de surveillance assistées par intelligence artificielle pour améliorer la détection des incendies.
Un enjeu d’autant plus crucial que le territoire présente des contraintes importantes : avec 97 % de pompiers volontaires et un relief montagneux, les délais d’intervention en Lozère font partie des plus longs de France.
